NOUVELLE
bondance de ses dons; pour la nation tout en- tière, qu’elle avait tant contribué à pacifier et à faire prospérer, dont elle avait respecté les libertés, diminué les charges et soulagé les misères; pour les siens enfin, qu’elle avait aimés d’une affection utile et désintéressée, sans jalousie, sans importunité et sans esprit de domi nation.
Privé d'elle, Ferdinand se trouvait dans le plus grand embarras : pouvait-il poursuivre ses projets de conquêtes? sa présence, au contraire, n’était-elle pas nécessaire en Castille ? Incertain de son devoir, il s’interrogeait lui-même, et sans doute aussi il priait Dieu de l’éclairer. A la fin, il prit le parti de retourner dans ses États héréditaires, et il quitta Alcala pour se rendre à Cordoue. Cependant, il hésitait encore, et, quand il fut arrivé dans cette dernière ville, il assembla son conseil, afin de lui demander avis. La ré-
ponse fut unanime : aucune affaire urgente n’ap-
pelait le roi en Castille, au lieu que tout délai
donnerait aux Maures le temps de renouveler et d'accroître leurs forces. Ferdinand adopta cette manière de voir, et la reprise de la campagne fut
décidée.
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