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capitulation avantageuse, au lieu d’être obligés de subir les lois du vainqueur. Ferdinand néanmoins acquiesça à leur proposition. D'ailleurs, les six mois s’écoulèrent sans que personne fût venu à leur aide ; ils se décidèrent alors à traiter d’une manière définitive : ils obtinrent le droit de rester dans leur ville et de conserver leurs biens, à la condition de payer tribut et de recevoir dans leur citadelle une garnison chrétienne. Le siège de Séville était déjà commencé, lorsque ce dernier accord fut conclu.
Constantina et Alcolea s'étaient rendues, contre
la promesse d’un traitement analogue, dès la pre-
mière sommation qui leur en avait été faite par
l’armée royale; Lora avait aussi capitulé entre les mains du prieur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à qui Ferdinand avait confié le soin de la conquérir. La ville d’Alcolea fut donnée
par le roi à l’ordre de Saint-Jacques, celle de
Lora à l’ordre de Saint-Jean. Cantillana, qui
ne voulut point traiter, fut emportée d'assaut, et sa garnison passée au fil de l’épée; cet exemple effraya la place de Guillana, qui était cependant mieux en mesure de résister : elle ouvrit ses
portes, après s'être fait concéder que ses habi-
Re.
SIÈGE ET PRISE DE SÉVILLE. 147
SRE) oi 2) Mise LORIE ES Se feras ut à
tants ne seraient point contraints de s’expatrier 4 et que leurs biens leur seraient laissés. Gerena commença par se défendre, mais, lorsqu'elle se vit sur le point d’être enlevée, craignant le sort de Cantillana, elle offrit de se rendre : elle n’obünt pour ses habitants que la vie sauve, sans l'autorisation de rester dans la ville et d’emporter leurs biens. La présence de l’émir de Grenade à l’armée du roi de Castille contribua pour une assez large part à déterminer Guillana et Gerena à faire leur soumission ; son influence auprès du … monarque ne fut pas sans résultat favorable sur le sort qu’elles se virent attribuer.
Après la prise de Gerena, Ferdinand retourna à Guillana, où il tomba malade; ne voulant point que cet incident retardàt l'exécution du plan de à
campagne, il envoya son armée commencer le
' siège d’Alcala de Rio. À peine entré en conva- 2 lescence, il partit pour la rejoindre, et s’efforça de pousser avec rapidité les opérations. Le com- mandant de Séville, Cid Abou Abdallah, était
venu en personne s’enfermer dans cette place,
avec trois cents hommes d'élite, et illa défendait avec vigueur. Les murailles étaient si solides,
que les machines dont on se servait pourles …
+ ; sie.
| SIÈGE ET PRISE DE SÉVILLE. 49
+ battre, se rompaient successivement. Ferdinand + fit incendier les jardins et les moissons dansla ; campagne voisine ; désespérés par ces ravages, ne: les habitants parlèrent de se rendre; Abou Ab-
dallah n’y voulant point consentir, ils le contrai-
gnirent de sortir de la ville avec sa troupe, et, 28 après son départ, ils capitulèrent, moyennant le 2 droit de rester dans leurs demeures et de garder leurs biens. ; Le roi de Castille séjourna quelque temps à Alcala, afin d’en faire réparer les fortifications ; il s’y trouvait encore, lorsqu'il apprit qu’une 7e flotte de treize voiles, conduite par Raymond Boniface, paraissait à l’embouchure du Guadal- &quivir. Cette bonne nouvelle était compensée par | une autre, moins favorable : Abou Abdallah et * son neveu, Abdul-Hasan, qui commandait sous RE - ses ordres laplace de Séville, avaient demandé du secours au calife almohade du Maroc; et ce :4 dernier leur avait envoyé trente galères, qui s'étaient embossées dans la passe de San-Lucar et empéchaient l'escadre chrétienne de pénétrer #3 s dans le fleuve ; en outre, les habitants de Séville En. se portaient en masse à la rencontre des troupes
africaines afin d'attaquer, de concert avec elles,
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FRS Lai a 24 S gs sise 150 cs La SAINT FERDINAND IL és les équipages et les navires de Raymond Boniface.
Ferdinand, aussitôt, lança un corps d'armée, commandé par Rodrigue Florès, Alphonse Tellès et Ferdinand Yannès, pour prêter main-forte au seigneur de Burgos; ce corps ne sut point découvrir les vaisseaux ni les soldats ennemis, et rebroussa chemin. La flotte marocaine attaqua la ne. flotte chrétienne, mais elle fut battue, malgré son E à excédent de forces; d'autre part, un des lieutenants généraux du roi de Castille, Rodrigue Al- |
varès, tomba à l’improviste sur les Maures de
Séville qui cherchaient à rejoindre leurs auxiliaires marocains, et il les défit complètement.
Les navires de Raymond Boniface, ne rencon-
Et.
trant plus d’obstacle, remontèrent le Guadal- quivir, et jetèrent l’ancre à une lieue environ 4 en aval de Séville ; à partir du 20 août 1247, la 4 ville fut complètement investie par terre et par 4 eau. Lesiège allait durer seize mois.
Séville était alors la cité la plus vaste, la plus peuplée etla mieux défendue de toute l’Espagne; ses approvisionnements étaient considérables, ses habitants remplis de courage et prêts
à se défendre jusqu’à la dernière extrémité. Ja-
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SIÈGE ET PRISE DE SÉVILLE
mais elle n’avait été assiégée jusque-là; aussi ses fortifications demeuraient-elles parfaitement intactes. Un mur d’enceinte, fort élevé et d’une grande épaisseur, défendait la place; il était flanqué de cent soixante-six tours, et percé de douze portes, que protégeaient elles-mêmes des
ouvrages avancés. Un fossé large et profond sé- D.
+ parait cette première muraille d’une seconde, qui n’était ni moins haute ni moins solide. À l’ouest et au nord, le cours du Guadalquivir étaiten outre un rempart naturel; du côté droit du fleuve, s’étendait cette admirable région de 5e l’ancienne Bétique, qui, au temps des Romains, | s'était appelée le Jardin d'Hercule; sa fertilité était incomparable, et les habitants de Séville pouvaient légitimement compter en tirer tou- ." joursles vivres dontils auraient besoin : un grand G.:
nombre de châteaux et de forteresses la met-
taient, en effet, à l'abri des attaques; la place ?ù
forte d’'Asnalfarache, située sur une montagne et
qui dominait tout le pays, en barrait l’accès ; 23
enfin les communications étaient assurées entre 3) les deux rives du Guadalquivir de la manière sui- ne, vante : en face de la ville se trouvait la citadelle "
de Triana, dont les fossés s’ouvraient sur le 2
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fleuve et qui formait ainsi une île presque im- “ prenable ; un pont de bateaux la reliait à Séville, et ce pont était rendu inaccessible par une lourde chaîne, attachée d’un côté à une des L | tours de l’enceinte, que l’on nommait la Tour dorée, de l’autre aux remparts de Triana.
Mohammed, seigneur de Niébla, ville des
Algarves, située à deux lieues environ de Séville,
se porta au secours de cette dernière place avec - son armée; lorsqu'il arriva sur le bord du Gua- É L- dalquivir, le grand-maître de Saint-Jacques, +4 Pélage Correa, et ses chevaliers, n’hésitèrent
point à traverser le fleuve pour combattre; ce
trait d’audace incroyable réussit pleinement : non
seulement la petite troupe put franchir sans dom- 59 mage l’obstacle périlleux qui la séparait de ses | adversaires, mais elle défit complètement ceuxei et les contraignit de battre en retraite. Apprenant ce brillant succès, Ferdinand envoya au grand-maitre des renforts, qui lui permirent de s'emparer de Gelvès et de rester maître de la rive droite du fleuve.
Ce fut à Tablada, à une demi-lieue au sud de
Séville, que le roi de Castille dressa son camp;
muni d’un fossé, pourvu de rues et de places, à
pa
ÈE Fe 5 DRE NE E ET PRISE DE SÉVILLE.
l’image des retranchements romains, ce camp
était en outre aménagé dans les conditions les plus favorables au maintien de la santé parmi les assiégeants. On l’eût pris pour une véritable ville; chaque métier y avait ses représentants, qui exerçaient librement leur industrie ; l’ordre et la discipline, ainsi qu’une extrême propreté, régnaient partout. Les troupes n’étaient de service qu’à tour de rôle, et échappaient ainsi à la fatigue, tout en étant tenues constamment en haleine.
L'hiver se passa parmi des engagements presque quotidiens, où les chrétiens eurent toujours l'avantage; Correa, Garcias Pérez, Lorenzo Suarez, Yannès, et une foule d’autres, déjà connus pour leur vaillance, se couvrirent de gloire dans ces combats partiels. Vainement les Maures tentèrent d’incendier la flotte de Raymond Boniface : ils construisirent un énorme radeau plat, qu’ils chargèrent de feu grégeois, d’étoupe et de poix, puis ils lancèrent ce brûlot contre les vaisseaux castillans; en même temps, deux sorties, opérées l’une par la garnison de Triana, l’autre par celle de Séville, étaient dirigées contre le corps d'armée posté sur la rive droite
et contre le camp du roi. De part et d’autre les
assaillants furent repoussés avec de grandes pertes et poursuivis jusqu'aux portes de la citadelle et de la ville. Sur le fleuve, la petite flotte chrétienne, par de savantes manœuvres, se préserva du danger terrible qui la menaçait.
Deux fois, le camp de Tablada risqua d’être pris par un coup de main. Le commandant d’une des tours de Séville s’y introduisit comme transfuge et se fit mener à Ferdinand, à qui il offrit de livrer son poste; son but n’était autre que de se rendre compte de la situation; il s’aperçut précisément que les troupes, occupées au dehors à faire du fourrage, étaient absentes pour la plupart; accueilli avec empressement par le roi, il sortit tranquillement, et dès qu'il fut à portée de se faire entendre des siens, il eria aux sentinelles des remparts de donner l’ordre qu’on exécutàt une sortie. Par bonheur pour les chrétiens, il ne fut pas obéi. Un autre jour, le gouverneur de Séville apprit que Ferdinand s’était rendu au camp du grand-maître Correa, avec une partie
de son armée; saisissant l’occasion, il marcha en
personne contre les retranchements dégarnis de
soldats. L’infant don Henri, à qui son père avait
laissé le commandement, lui opposa une vigou-
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Pt ET ns HrE
ÉVILLE.
reuse résistance et le forca à fuir, ainsi qu’une partie de ses troupes; puis, secondé par Lorenzo Suarez et par Arias Gonzalès Quixada, il eut l’habileté de faire reculer le reste des assaillants dans la direction du Guadalquivir, où les équipages de la flotte chrétienne prirent ces ennemis à revers et les taillèrent en pièces.
Au mois de mars 1248, l’infant don Alphonse, fils aîné de Ferdinand, venant de Murcie, arriva au camp, à la tête de l’armée qu’il commandait; Alphonse d'Aragon et Pierre de Portugal, comte d'Urgel, l’accompagnaient, avec des cavaliers aragonais, portugais et catalans. Don Lope de Haro amena bientôt après de la Biscaye et de la Vieille Castille ses bandes aguerries ; puis parut l'archevêque de Saint-Jacques, Jean d’Arias, conduisant des troupes galiciennes; les milices de Medina, de Medellin et de Coria, rangées sous leurs bannières, vinrent également grossir le nombre des assiégeants. Les évêques et les moines étaient là en grand nombre, et leurs prédications ardentes enflammaient le zèle religieux et patriotique des soldats. Fidèle à son devoir de vassal, l’émir de Grenade se présenta,
suivi du corps d’auxiliaires qu'il était tenu de
fournir; ses connaissances militaires et sa bra-
voure allaient être d’un grand secours.
Le roi fit camper son fils Alphonse entre Tablada et Séville, l’émir de Grenade auprès du bourg d’Alfaraz, Lope de Haro devant la porte de Macarena; les efforts incessants des Maures ne réussirent pas à les déloger. L'infant Henri, aidé par les grands-maitres de Calatrava et d’AIcantara, et par le prieur de l’ordre de Saint-Jean, parvint à pénétrer dans les faubourgs d’Asophar et de Macarena, qui furent incendiés. Raymond Boniface sut attirer dans une embuscade les vaisseaux ennemis : il en prit deux et fit prisonniers leurs équipages. Lorenzo Suarez, à la porte
d’'Alcazar, eut aussi l’art de faire tomber les en-
nemis dans un guet-apens; ils eurent trois mille
hommes tués, et leurs sorties devinrent beaucoup
moins fréquentes.
Cependant l’on était déjà parvenu à la fin
d'avril de l’année 1248, et, malgré la vaillance des troupes, les progrès étaient extrêmement lents. Ferdinand, soit de lui-même, soit d’après les avis de Mohammed Ben Alahmar, se rendit compte que le moyen le plus sûr de réduire
Séville à merci était de s'emparer au plus tôt de
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GE ET PRISE DE SÉVILLE
Triana : tant que l’on n’en serait pas maître, en effet, les habitants garderaient des communications assurées avec le Jardin d’Hercule et pourraient ainsi renouveler leurs provisions; cette citadelle une fois prise, au contraire, tout espoir de se ravitailler serait désormais perdu pour les assiégés. Ayant fixé dans ce sens ses résolutions, le roi de Castille tint un conseil de guerre, afin de délibérer avec ses plus habiles lieutenants sur les moyens les plus propres à mettre le projet à exécution. Tous furent d’avis qu’il était en premier lieu nécessaire de rompre le pont de bateaux qui joignait à Séville la citadelle de Triana; ces bateaux étaient assemblés par de solides chaines de fer. Raymond Boniface proposa de prendre les deux plus gros vaisseaux de la petite flotte chrétienne et de les lancer à pleines voiles contre le pont, qui ne résisterait pas, jugeait-il, à un tel choc.
Cette opinion fut adoptée, et. le roi donna les ordres nécessaires. Les préparatifs durèrent trois jours, pendant lesquels Ferdinand demeura enfermé dans sa tente, ne cessant de prier Dieu pour qu'il bénit une entreprise qui n’allait être
tentée que pour sa gloire et pour le triomphe de