‹ Saint Ferdinand IIIChapitre 61 sur 64 · AND · texte numérisé non relu

AND

Ps Fa Lt = Û

NNÉES ET MORT DE S. FERDIN monarque envers la mère du Rédempteur. Mettez, avait-il dit, mon misérable cadavre aux pieds de Marie; son vœu fut exaucé : l’on inhuma son

corps devant la statue de la sainte Vierge qu'il

avait placée lui-même dans la cathédrale, lors-

qu’il avait fait son entrée à Séville, après la conquête.

À la nouvelle de sa mort, la douleur fut universelle, et les témoignages de cette douleur, tels qu'ils sont relatés par les Chroniques, ressemblent à s’y méprendre à ceux que la population parisienne devait donner un jour, de sa consternation et de son chagrin, en apprenant l’assassinat du roi Henri IV : on voit le même égarement régner dans les esprits; chacun s’aborde en pleurant, et tous se désespèrent de la mort d’un si bon prince. Nous avons perdu notre père, devaient dire en 1610 les Français, quand le poignard d’un fanatique abrégea les jours du monarque qu’ils chérissaient; nous avons perdu notre père, s’écrièrent les Espagnols, quand saint Ferdinand leur fut ravi.

L'émir de Grenade manifesta, de la façon la plus noble et la plus touchante, les sentiments de

vénération que lui inspirait la mémoire du roi

5 A ec Lg à :

LE. #07 TTC chrétien, dont il était devenu le vassal fidèle et l'ami véritable, après avoir été le loyal adversaire : non seulement il prescrivit dans ses États un deuil général et public, mais en outre il envoya cent cavaliers maures porter chacun au tombeau de Ferdinand un cierge de cire blanche, en leur commandant de faire le voyage à pied, afin qu’ils donnassent ainsi une marque plus sensible de respect envers ce grand prince. Chaque année, tant qu'il vécut, il renouvela le même tribut d'hommage, le jour anniversaire de la mort du saint roi, et, par un édit, il obligea à perpétuité ses successeurs à s'acquitter d’une semblable offrande : le siège et la prise de Grenade, sous Ferdinand le Catholique et Isabelle, firent seuls

cesser l’accomplissement de ce pieux devoir, qui

avait toujours été exactement observé.

Pourrait-on s’étonner de tant de regrets et de tant de louanges? Ferdinand III, par son respect de la foi jurée, par sa loyauté chevaleresque, par la générosité de son caractère, était digne de

l'estime et de l’amitié de ceux qu'il avait com-

battus ; par son extrême politesse, par sa grati-

tude pour les services qui lui étaient rendus, par

sa munificence, il avait su conquérir l’obéissance

Page 1