‹ Saint Ferdinand IIIChapitre 62 sur 64 · DERNIÈRES ANNÉES ET MOF · texte numérisé non relu

DERNIÈRES ANNÉES ET MOF

TDES . FERDINAND. 11 et l'affection de sa noblesse ; par l’affabilité de ses manières, par la douceur de son gouvernement, par son esprit de justice, celles de son peuple; par sa fidélité à maintenir les libertés publiques, par son application à tous ses devoirs de prince, par son zèle pour le bien général, par l'éclat et la prospérité qu’il avait su donner à son pays, celles de tous ses sujets; s'étant montré toujours le modèle des fils, il avait droit, même lorsqu'il ne serait plus, au respect et à l’amour

de ses enfants; ceux-ci, d’ailleurs, avaient trouvé

en lui le meilleur et le plus tendre des pères;.

avec l'héritage d’une gloire incomparable, avec un patrimoine de richesses tel que jamais monarque espagnol n'avait laissé encore et tel que peu de monarques chrétiens auraient pu alors disposer d’un semblable, il leur léguait l'exemple de sa vie, l’appui de son nom, le souvenir de sa réputation universelle et de sa grandeur ; la reine Jeanne pouvait justement pleurer le plus fidèle, le plus affectueux, le plus confiant des époux, dont l’âme n’avait, pour ainsi dire, fait qu’une avec la sienne, comme elle n’avait fait qu'une jadis avec celle de la douce et bonne Béatrix. Les

Chroniques ont pris soin de noter que saint Fer-

dinand ne viola jamais la foi conjugale : cela est peu dire, en vérité; et, si Charles I‘ d'Angleterre a pu se rendre à lui-même ce témoignage qu'il n’avait jamais été infidèle, même en pensée, à la reine Henriette, n’a-t-on pas le droit d’affirmer que Ferdinand III, roi de Castille et de Léon, dont la dépouille mortelle, aujourd’hui encore, demeure à l'abri de la corruption, que Ferdinand le Saint, célibataire, marié, veuf ou remarié, a gardé toujours la chasteté la plus inviolable, dans son âme aussi bien que dans son corps? Saint Louis, roi de France, ce point fut établi par les débats du procès de sa canonisation, ne perdit jamais l'innocence baptismale; il ÿ a tout lieu de croire qu'il en fut de même de saint Ferdinand : nulle défaillance, en effet, ne saurait être signalée dans sa vie, qui offre, au contraire, la parfaite image d’une pureté continuelle d’intention, de la constance dans l'effort, de la persévérance dans le bien, du progrès volontaire et incessant dans la vertu chrétienne.

On l’appela le Père de la Patrie; nul prince, assurément, n'avait autant contribué à rendre à l'Espagne son unité : il l’avait affranchie de la

domination musulmane, il avait rangé pour ja-

et surtout, en couvrant son trône de la gloire la plus pure, il avait préparé son pays à de hautes

puissant protecteur dans le ciel.

La

L = SAINT FERDINAND Il, L

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