CHAPITRE VII
mettre le siège devant Assise, menaçant les habitants de les passer au fil del'épée. Dans cette extrémité, Claire et ses compagnes se prosternèrent devant le tabernacle, la tête couverte de cendres, et sollicitèrent la délivrance de leur patrie. La prière de ces vierges fut exaucée : le lendemain matin (22 juin 1246), les assiégeants, surpris par une sortie des habitants, furent saisis d'une terreur subite et s'enfuirent en désordre. Pour la seconde fois, la cité séraphique était sauvée. Ajoutons, à sa louange, qu'elle ne se méprit point sur la cause d'une délivrance si inespérée ; elle ne l'attribua point à la sagesse de ses chefs ni à la vaillance de ses soldats, mais aux mérites et à l'intercession de la fille de Favorino (1).
C'est en mémoire du premier prodige que les artistes chrétiens représentent sainte Claire portant le Saint-Sacrement. Le prodige du 22 juin a donné lieu à une fête annuelle analogue à celle de Jeanne d'Arc dans la ville d'Orléans.
Sans doute cette efficacité de la prière et cette vertu rédemptrice de la mortification volontaire ne sont point exclusivement le partage des contemplatifs. Elles découlent de deux principes universels: la réversibilité des mérites de l'innocent en faveur du coupable, et le grand sacrifice du Calvaire, dont elles sont la continuation et le complément. Elles découlent aussi des promesses divines, qui s'appliquent à tous les genres de vie. Mais il n'en est pas moins vrai qu'elles demeurent le privilège des âmes pures, selon cette parole de l'apôtre saint Jacques : « La