CHAPITRE VII. U
tout a disparu, hormis l'armée du sacrifice. Non seulement elle n'a pas péri; mais jamais ses bataillons n'ont été plus nombreux, ni les sacrifices plus magnanimes qu'à notre époque. «Chaque jour, des milliers de créatures aimées sortent des châteaux comme des chaumières, des palais comme des ateliers, pour offrir à Dieu leur cœur, leur âme, leur corps virginal, leur tendresse et leur vie. Chaque jour, parmi nous et partout, des filles de grande maison et de grand cœur, et d'autres d'un cœur plus grand que leur fortune, se donnent dès le matin de la vie à un Époux immortel.
« C'est la fleur du genre humain, fleur encore chargée de sa goutte de rosée, qui n'a encore réfléchi que le rayon du soleil levant et qu'aucune poussière terrestre n'a encore ternie... C'est la fleur, mais c'est aussi le fruit ; c'est la sève la plus pure ; c'est le sang le plus généreux de la tige d'Adam ; car chaque jour ces héroïsmes remportent la plus étonnante des victoires, grâce au plus courageux effort qui puisse enlever la créature aux instincts terrestres et aux liens mortels.
« Quel spectacle ! Et où en trouver un qui manifeste plus visiblement la nature divine de l'Église, qui fasse mieux oublier les misères et les taches dont sa céleste splendeur est parfois voilée ?...
« Ce Jésus, dont la divinité est tous les jours insultée ou niée, la prouve tous les jours, entre mille autres preuves, par ces miracles de désintéressement et de courage qui s'appellent des vocations (1) . *