CHAPITRE VIII. \ol
terre. « Malheur à ceux qui ne font pas pénitence et qui suivent les désirs de la nature corrompue! Ils courent sciemment à leur perte. Ouvrez donc enfin les yeux, ô pécheurs, aveugles volontaires qui les fermez à la lumière de l'Évangile! Comprenez que vous êtes le jouet de Satan, cet éternel ennemi de Dieu et des hommes ! Vous vous imaginez posséder longtemps les biens éphémères de ce monde; et l'heure approche où vous en serez dépouillés, heure fatale, que vous ignorez, et à laquelle vous ne pensez pas ! Voyez ce riche delà terre qui va mourir. Son épouse et ses enfants éplorés entourent son lit; et lui-même, tout ému, leur lègue sa fortune avec ses derniers souvenirs. On fait venir un prêtre qui exige la restitution des richesses injustement acquises. — Restituer! C'est impossible! s'écrie le moribond. Ce serait la ruine de ma famille! — Cependant le malade s'affaisse ; il perd l'usage de la parole, et il expire dans la haine de Dieu. Aussitôt les démons s'emparent de son âme pour la torturer, pendant que les vers rongent sa chair et que ses proches se disputent ses trésors, tout en maudissant sa mémoire. Et c'est ainsi que ce misérable, pour s'être laissé séduire par les vains appas du monde, aura perdu son corps et son âme pour l'éternité (1) ! »
Ces deux épitres, répandues à profusion et accueillies avec avidité, franchirent les Alpes et allèrent au loin ranimer la foi et la ferveur.
S'étant senti un peu mieux au retour du printemps, il forma le projet de pénétrer jusque dans l'empire