‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 150 sur 347 · Joan., vi. — 2. Gen., xxxiii · texte numérisé non relu

Joan., vi. — 2. Gen., xxxiii

Roi, armée pacifique et conquérante, sans armes et toute-puissante, admirable de discipline et d'héroïsme à laquelle on pouvait appliquer ce mot des Saintes Écritures : « Que tes pavillons sont beaux, ô Jacob ! Que tes tentes sont belles, ô Israël! » François, levant vers le ciel un regard plein de reconnaissance, et remerciant le Seigneur d'avoir multiplié ses fils comme les grains de sable de la mer, laissa tomber de son cœur et de ses lèvres quelques paroles brûlantes, qui ravivèrent dans l'âme de ses disciples l'amour de Dieu et de leur vocation, le zèle des âmes et le dévouement à l'Église romaine. « Mes Frères, dit-il en terminant, nous avons promis de grandes choses ; on nous en a promis de plus grandes encore. Gardons les unes, soupirons après les autres; le plaisir est court, la peine est éternelle ; les souffrances sont légères, la gloire est infinie. Beaucoup d'appelés, peu d'élus : tous recevront ce qu'ils auront mérité. »

Des esprits timides auraient pu se demander : « Où prendre des vivres pour nourrir tant de personnes (1)?» Le saint Patriarche et ses enfants n'eurent point de ces doutes et de ces inquiétudes. Ils étaient là, dénués de tout, mais remplis de confiance, attendant du Créateur, comme les oiseaux du ciel, leur nourriture de chaque jour. La Providence ne leur manqua point. On vit accourir d'Assise, de Pérouse, de Foligno, et jusque de Spolète, des hommes de toutes conditions, clercs et laïques, chevaliers et gens du peuple, qui, non contents d'apporter aux pauvres de Jésus-Christ

i. Luc, x.

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