‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 151 sur 347 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

toutes les provisions nécessaires , poussèrent la charité jusqu'à vouloir les servir de leurs propres mains. Ces secours durèrent autant que le Chapitre (1).

Une foule de personnes étaient venues par pure curiosité, attirées par la nouveauté du spectacle; Dieu en profita pour toucher leurs cœurs. Parmi tant de visiteurs, les uns étaient surtout frappés de la vie austère des Frères-Mineurs ; ils se disaient : « Voilà qui nous montre bien que le chemin du ciel est étroit et qu'il est difficile aux riches d'entrer dans le royaume de Dieu ! Nous nous flattons de faire notre salut, sans rien retrancher de nos aises ni des délices du siècle, tandis que ces bons Frères se privent de tout et tremblent encore. Nous voudrions mourir comme eux, mais nous ne voulons pas vivre comme eux ; et cependant, on meurt comme on a vécu. » Les autres observaient plutôt la céleste expression de leur physionomie, le gracieux sourire de leurs lèvres, leur empressement à se rendre de mutuels services, la paix divine qui se reflétait dans la douce lumière de leurs regards. « Ce sont des anges, pensaient-ils; ils ne touchent la terre que par les extrémités des pieds, et déjà leurs pensées et leurs affections sont dans la céleste patrie. Qui nous empêche de partager leur bonheur? » Et bon nombre d'entre eux (ils étaient plus de cinq cents) dirent adieu au monde, s'agenouillèrent aux pieds de François et revêtirent les glorieuses livrées de la pénitence. C'est ainsi que la bonne odeur des vertus des Frères rem-

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