MISSION D'ORIENT. — LES MARTYRS DU MAROC. SAINT ANTOINE DE PADODE
Ce serait une erreur de croire que les saints demeurent étrangers aux événements politiques de leur siècle. Ils les suivent d'un œil attentif; mais ils ont leur manière à eux de les envisager. Au fond des débats de rhumanité, ils discernent une cause qui domine tout, qui les passionne et à laquelle ils s'identifient : c'est la cause de l'Église. On comprend dès lors avec quel intérêt l'héroïque chevalier du Christ suivait les progrès et les vicissitudes de cette grande question d'Orient que le Concile* de Clermont avait ouverte, et où la vie de l'Église, non moins que la liberté des peuples, était si fortement engagée.
Depuis la prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, l'Europe était un camp toujours armé; et depuis plus d'un siècle, l'histoire militaire de la chrétienté n'était guère autre chose que le récit de l'interminable bataille livrée par les soldats du Christ aux farouches disciples de Mahomet. Au lieu de s'arrêter à la surface des événements, le serviteur de Dieu allait au fond des choses. Derrière les com-