Ozanam, les Poètes franciscains, in-8, oe édit., p. .il
2. Ottavio, évêque d'Assise, écrit dans ses Lumières sur la Portioncule que, prêchant à Lucques en 1689, il lut clans un vieux manuscrit, d'une authenticité non équivoque, le passage suivant, qu'il transcrit mot pour mot: « Il y avait à Lucques deux frères marchands, nommés Moriconi. L'un des deux resta au pays; l'autre, Bernard, surnommé Bernardone, émigra en Ombrie, s'établit à Assise, s'y maria et eut un fils qu'il nomma Pierre. Pierre, héritier d'une belle fortune, obtint la main d'une jeune fille de famille noble, du nom de Pica, et fut le père de saint François. » — A rencontre d'Ottavio, Cristofani, le savant
faisait un grand commerce avec la France. Sa mère, Pica, de la noble famille des Bourlemont de Provence (1), méritait par sa piété de devenir la mère d'un saint. Pica n'eut que deux enfants, François et Ange. Ce dernier fît souche à Assise, où les Moriconi subsistaient encore, d'après Wadding, dans la première moitié du seizième siècle.
Le Ciel, qui avait d'autres vues sur François, se plut à entourer de prodiges extraordinaires et de présages célestes le berceau de cet enfant prédestiné. Nous ne pouvons nous dispenser de mentionner ici les traditions locales qui ont cours à ce sujet et dont Wadding s'est fait l'interprète.
On raconte que Pica était en proie à d'horribles souffrances, sans pouvoir enfanter et que, sur l'avis d'un pèlerin mystérieux, elle se fît transporter clans une étable, où elle mit heureusement au monde son premier-né. L'élable, convertie en oratoire, se nomme aujourd'hui San-Francesco-il-Piccolo (Saint- François-le-Petit.) Sur la porte, on lit, cette vieille inscription latine :
Hoc oratorium fuit bovis et asini stabuhon In quo natus est Franciscus, mundi spéculum.
On ajoute qu'Assise semblait être devenue une autre Bethléem et que pendant la nuit, les esprits
historien d'Assise, prétend que les Moriconi étaient originaires d'Assise. Peut-être a-t-il raison; mais il n'apporte aucun document sérieux à l'appui de son opinion.
1. « La France a la gloire de lui avoir donné naissance, puisqu'elle est issue de l'illustre maison des Bourlemont, ainsi qu'il paraît par un ancien manuscrit conservé dans les archives de cette très noble famille. •> {Règle du Tiers-Ordre de la pénitence , expliquée de nouveau par le R. P. Claude Frassen,
docteur en théologie. 8e édition. Paris, 1752.)