‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 171 sur 347 · CHAPITRE xr · texte numérisé non relu

CHAPITRE xr

L'illustre apôtre fut convié de bonne heure aux noces éternelles : il mourut à Padoue, un vendredi, à l'âge de trente-six ans, le 13 juin 1231, en murmurant une hymne à Marie. Grégoire IX l'inscrivit au catalogue des Saints en la solennité de la Pentecôte, le 30 mai 1232. Quelques années après, saint Bonaventure, alors général des Frères-Mineurs, ouvrit la tombe de saint Antoine; le corps était en cendres ; la langue seule était intacte, fraîche et vermeille comme celle d'un homme vivant. Le Docteur séraphique la prit entre ses mains, et s'écria en la baisant avec respect : « 0 langue bénie, qui n'as cessé de louer Dieu, et qui as enseigné aux autres à le bénir, c'est maintenant qu'on voit clairement combien tu es précieuse à ses yeux ! » Puis il la remit aux magistrats de la ville, qui la reçurent sur un plateau d'or (1).

Saint Antoine de Padoue est, après saint François d'Assise, une des plus grandes figures du xme siècle. Comme saint, il n'occupe que le second rang dans les annales de l'Église ; mais comme théologien, comme thaumaturge, comme apôtre surtout, il est au premier. Il faut lire les chroniques du temps pour se rendre compte de l'enthousiasme qu'il provoqua, tant en France qu'en Italie. Et cependant, quand on parcourt le recueil de ses sermons, on les trouve pâles et froids. C'est là le sort de l'orateur. Cet homme qui a passionné toute une génération, descend avec elle dans le même silence ; sa voix et la voix des multitudes qui l'applaudissaient vont s'évanouissant dans le temps, comme le son s'évanouit

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