chapitre xiii
qu'on appartenait à une famille par le sang, à une corporation par le service auquel on s'était voué, à un peuple par le sol, à l'Église par le baptême, on voulut appartenir par un dévouement de choix à Tune des plus glorieuses milices qui servaient Jésus- Christ dans les sueurs de la parole et de la pénitence. On revêtait les livrées de saint Dominique ou de saint François; on se greffait sur l'un de ces deux troncs, pour vivre de leur sève, tout en conservant encore sa propre nature; on fréquentait leurs églises, on participait à leurs prières, on les assistait de son amitié, on suivait d'aussi près que possible la trace de leurs vertus. On ne croyait plus qu'il fallût fuir du monde pour s'élever à l'imitation des Saints; toute chambre pouvait devenir une cellule, et toute maison une Thébaïde (1). »
Le Tiers-Ordre séraphique venait de. naître, et déjà la voix du peuple, se faisant l'écho de la voix du Vicaire de Jésus-Christ, proclamait que c'était l'œuvre du Très-Haut et le fruit le plus suave du zèle de saint François. Son histoire, sous le rapport religieux et social, forme assurément une des plus belles pages du moyen âge ; il se propagea avec la même rapidité que ses deux aines, franchit les montagnes et les mers, s'étendit jusqu'aux extrémités de l'empire chinois, et, renouvelant la face de la terre, contribua puissamment à faire du treizième siècle le siècle chrétien par excellence. Plus tard, il pénétra dans le nouveau monde avec les premiers Franciscains qui accompagnaient Christophe Colomb. Enfin, depuis