‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 200 sur 347 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

A Rome, il lia connaissance avec le prince Matthieu de Rossi, de la famille patricienne des Orsini. Matthieu était un de ces hommes comme on en trouve dans tous les siècles, qui savent garder au milieu des splendeurs et des séductions du monde un cœur détaché de tout. Aux pratiques de la piélé il joignait l'habitude des œuvres de miséricorde, et sa porte était toujours ouverte aux indigents. Dès la première rencontre, il s'établit entre ces deux personnages une de ces affections qui naissent de l'harmonie des goûts et des mystérieuses affinités de l'âme et ne font que croître avec le temps. Un fait, que nous raconterons dans toute sa simplicité, nous montre toute l'estime, toute la vénération que le prince avait pour le Pénitent d'Assise. Il avait invité le Saint à dîner chez lui, en lui indiquant l'heure précise du repas; mais étant arrivé un peu en retard, il ne trouva plus François à la maison. Il le fit chercher partout, déclarant qu'il ne se mettrait pas à table que le serviteur de Dieu ne fût présent. Déjà il était inquiet, lorsqu'il l'aperçut parmi la foule de ses pauvres familiers. Touché de cet acte d'humilité, il descendit en toute hâte et vint se placer aux côtés du Bienheureux, en lui disant : « Je viens m'asseoir à votre table , puisque vous n'avez pas voulu vous asseoir à la mienne. » Et le prince et le Saint, humblement assis par terre, prirent leur repas ensemble dans la compagnie des pauvres (1).

L'amitié des Saints porte bonheur. Avec François, les bénédictions du Ciel descendirent sur la maison

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