Waddino, t. II, p
de son hôte; le saint Patriarche les y affermit par une prédiction qui toucha tous les cœurs. Le prince avait un fils encore à la mamelle ; il pria le Saint, en qui il avait toute confiance, de le bénir. François bénit donc le petit Jean (c'était le nom de l'enfant prédestiné); puis il le prit dans ses bras, le couvrit de caresses, et attachant sur lui des regards pleins de bienveillance, il s'écria : « Cet enfant ne sera pas un religieux de notre Ordre, mais il en sera le protecteur. On ne le comptera pas parmi les fidèles, mais on le reconnaîtra pour le Pasteur universel, et nos Frères auront une grande joie de vivre à l'ombre de son autorité (1). » Quarante et un ans après, Jean des Ursins était nommé Cardinal protecteur des Franciscains, et en 1277 il montait sur le trône pontifical sous le nom de Nicolas III. Ainsi se vérifiait la prophétie de notre Saint.
Avant de se séparer du séraphique Père, le patricien désira être agrégé à sa famille spirituelle, et il fut tout heureux de recevoir de ses mains l'habit de la pénitence. Son entrée dans le Tiers-Ordre fit éclat, et son exemple attira dans le nouvel Institut plusieurs personnages de distinction.
De Rome, notre Bienheureux se rendit à Subiaco pour visiter la grotte de saint Benoît, l'illustre fondateur de la vie monastique en Occident. On lui montra le buisson épineux où six siècles auparavant, dans une tentation semblable à la sienne , saint Benoît avait amorti le feu de la concupiscence. Considérant ces ronces comme une sorte de lit triomphal où avait
1. Wadding, t. II, p. 35. Cf. Bernard dk Besse, ms. de Turin.