‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 231 sur 347 · BOXAVENT. , C. IX · texte numérisé non relu

BOXAVENT. , C. IX

François, est-ce à vous de me reprocher cet excès, à vous qui, pour l'amour de moi, vous êtes anéanti, avez pris une chair semblable à la nôtre et nous avez aimés jusqu'à la folie de la Croix? »

Il cherchait et poursuivait sans cesse son Bien- Aimé, dont il n'était d'ailleurs séparé que par la muraille de son corps ; et lui-même avouait à ses compagnons qu'il le trouvait partout. Remontant à l'origine première des choses, et considérant toutes les créatures, même celles qui ne sont pas douées de raison, comme sorties du sein paternel de Dieu, il les appelait avec une tendresse ineffable « ses frères et ses sœurs ». Les impies ne voient Dieu nulle part; François le voyait partout. Toute la nature était pour lui comme un voile transparent derrière lequel le Seigneur était caché, comme un clavecin harmonieux dont toutes les notes exaltaient les perfections divines, comme un magnifique ouvrage sur lequel le Très-Haut avait semé, en se jouant, quelques rayons de son infinie beauté. Tout lui parlait de Dieu; et lui, à son tour, servant d'organe aux créatures privées de raison, les conviait doucement à joindre leur voix à la sienne pour louer leur commun Seigneur et Maître. Interprète et digne pontife de la nature, héritier de l'esprit des prophètes, il invitait tous les êtres de la création à glorifier Dieu.

Vers la fin de l'année 1224, s'étant retiré à cause de ses infirmités dans une pauvre petite cellule, voisine du monastère de Saint-Damien, il eut une extase où l'Esprit de Dieu l'assura de son salut éternel, et à la suite de laquelle il ordonna à Frère Léonard, son compatriote, de prendre une plume et d'écrire. Alors

Page 1