CHAPITRE XV
pour l'amour de mon amour que vous avez daigné mourir. » C'est elle encore qui lui inspirait cette prière, qu'il récitait tous les jours : « Mon Dieu et mon Tout ! Qui ètes-vous, ô très doux Seigneur, et qui suis-je, moi, fragile créature et chétif vermisseau? Je voudrais vous aimer, Seigneur très saint! je voudrais vous aimer. 0 Dieu d'amour, je vous ai consacré mon cœur et mon corps! Si je pouvais connaître le moyen de faire davantage pour vous, je le ferais, et je le souhaite ardemment. »
Par suite de ces sérapliiques ardeurs, sa vie était comme un prélude de cette vie du ciel où toute l'occupation est d'aimer. «Elle montait tout entière et perpétuellement vers Dieu , comme un sacrifice d'agréable odeur. Il immolait son corps par les rigueurs de la pénitence, et son âme par l'ardeur de ses désirs (4). » Il disait à ses disciples : « Soyez tout amour; faites tout par amour. » La charité divine débordait de son cœur ; et de là tant d'actes héroïques, tant de paroles sublimes qui émaillent chaque page de cette histoire. On s'étonnait un jour qu'avec un habit aussi pauvre que le sien, il pût supporter les rigueurs de l'hiver. « Ah ! s'écria-t-il, si nous sentions au dedans de nous le feu du divin amour, nous n'aurions pas de peine à supporter le froid du dehors. » Dans une de ses extases, il entendit Notre-Seigneur lui dire : « François, ton amour va jusqu'à l'excès, jusqu'à la folie! Tu attends de moi l'impossible, et jamais personne ne m'a demandé les mêmes faveurs que toi. — O Seigneur, mon doux amour! répliqua