‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 252 sur 347 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

s'est avancé qu'en tremblant pour verser l'eau du Jourdain sur la tète du Messie ; si nous vénérons le Saint-Sépulcre parce qu'il a renfermé pendant trois jours le corps du Sauveur, ah! dites-moi combien elles doivent être pures, les mains entre lesquelles s'incarne le Dieu de l'Eucharistie, le Dieu vainqueur de la mort, le Dieu de majesté devant lequel les Anges se couvrent la face de leurs ailes ! Considérez donc, ô prêtres, la sublimité de votre vocation, et soyez saints, parce que la victime que vous immolez est sainte. Pour moi, si je rencontrais un Ange et un prêtre, je saluerais d'abord le prêtre, parce que Dieu lui a confié un pouvoir qu'il n'a pas accordé aux esprits célestes (1). » On comprend qu'avec des vues si hautes sur le sacerdoce et le sentiment si profond qu'il avait de sa propre indignité, le Pénitent d'Assise n'osât franchir le degré qui sépare le diaconat de la prêtrise. Malgré les instances pressantes de l'évèque d'Assise et du Frère Léon, il différait toujours : il attendait des lumières plus amples sur sa vocation. Elles lui vinrent d'en haut, nous ne savons en quelle année. Un jour qu'il était en prière, un Ange lui apparut et, lui montrant un vase plein d'une eau plus limpide que le cristal, lui dit : oc Regarde, François : l'âme du prêtre doit être plus pure encore (2). » Cette vision lui fit prendre une détermination conforme à ses craintes : comme saint Etienne, comme saint Laurent, comme saint Éphrem, il resta toujours diacre.

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