‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 253 sur 347 · Marc de Lisbonne · texte numérisé non relu

Marc de Lisbonne

Nous ne pouvons résister au plaisir de faire connaître à nos lecteurs deux autres traits d'humilité que nous empruntons, l'un à Thomas de Celano, l'autre aux Fioretti. Voici le premier. C'était l'an 1220, au retour de la mission d'Orient. Sur la longue route de Bologne à Pérouse, notre Bienheureux, succombant à la fatigue, fut obligé de monter sur un âne. Son compagnon, Frère Léonard d'Assise, qui le suivait péniblement, eut alors une pensée tout humaine, au souvenir du passé. « Autrefois, se dit-il en luimême, ma famille avait le pas sur la sienne. Aujourd'hui les rôles sont renversés : c'est lui qui se sert d'une monture, et moi qui le suis à pied.» A peine ce murmure intérieur s'était-il élevé dans son esprit, que le Saint, qui avait reçu d'en haut dans une si large mesure le don de lire au fond des cœurs, descendit de sa monture et dit à son compatriote : « Tu as raison, mon fils. Il ne convient pas que je voyage de la sorte, et que je te laisse aller à pied; car, dans le siècle, tu étais plus noble et plus puissant que moi. t> Le Frère, étonné et confus de se voir découvert , se jeta tout en pleurs aux genoux de son Bienheureux Père, pour lui faire l'humble aveu de sa faute; et François lui en octroya gracieusement le pardon, sans aucun mélange de blâme ni d'aigreur (1).

Vers la même époque, pensons-nous, le Frère Masséo mit à l'épreuve et put constater à son tour l'extrême humilité du Saint. Au moment où François revenait du bois qui avoisinait alors le couvent de la

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