‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 322 sur 347 · Taine, Voyage en Italie · texte numérisé non relu

Taine, Voyage en Italie

nous asseoir sous ses arceaux gothiques; de là nous avons contemplé la gracieuse vallée de l'Ombrie, avec ses cours d'eau, ses bouquets d'oliviers, sa ceinture de hautes montagnes, son beau ciel sur l'azur duquel se profilent les tours de Pérouse, de Spolète et de Montefalco ; et devant cet horizon fait à souhait pour arrêter et retenir le regard, nous avons compris, nous oserions dire, nous avons partagé l'enthousiasme que tant de magnificences réunies devaient produire dans l'âme poétique de saint François d'Assise.

A côté du monastère, au bout dîme cour bordée de fines colonnettes, se dresse la basilique, qui se compose de trois sanctuaires superposés : l'église supérieure, l'église inférieure et la crypte. Les deux premières sont l'œuvre de Jacques Lapo, surnommé l'Allemand; la dernière est l'œuvre du romain Pascal Belli. Le style des trois sanctuaires offre un contraste frappant à l'œil, mais dont on saisit bien vite le sens profond : ils sont l'image des trois phases de la vie du Saint. A la base vous avez la croix. L'église inférieure, au style roman, grave et sévère, vous rappelle la pénitence et les austérités du fils de Bernardone. L'église supérieure, avec ses ogives élancées et sa pleine lumière, ses rosaces et ses vitraux, ses stalles chargées de sculptures et sa merveilleuse broderie de formes élégantes qui s'enchevêtrent comme une parure de fiancée, vous le fait entrevoir glorieux et couronné dans le ciel. La première vous fait venir les larmes aux yeux; la seconde vous porte à cette espérance plaintive qui est le plus fécond élément de la prière; la troisième, symbole de l'extase et de la trans-

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