‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 38 sur 347 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

son hôte. D'après une tradition qui n'est pas dénuée de fondement, son corps s'enfonça dans la muraille au moment où Bernardone entrait, et il échappa ainsi par miracle aux regards courroucés de ceux qui le poursuivaient.

Après leur départ, il alla se réfugier dans une caverne, sans doute celle que lui rendait chère et sacrée l'apparition de Jésus en croix. Le lieu de sa retraite n'était connu que d'un seul des serviteurs de la maison, lequel lui apportait en secret les aliments nécessaires à la vie. Il y resta un mois entier, implorant, avec plus de ferveur que jamais, les lumières et les secours d'en haut, matant sa chair par d'effrayantes austérités, repassant dans son cœur les mystérieuses paroles du tableau de Saint-Damien, et cherchant par-dessus tout à connaître ce que Dieu demandait de lui (1).

Enfin, il quitta sa retraite pour combattre ses ennemis en face, comme un soldat qui, après avoir réparé ses forces, reprend les armes et recommence' la lutte avec une nouvelle ardeur. Il reparut dans Assise, le visage pâle et défait, les joues creusées par ses pleurs continuels, mais sans crainte, le cœur haut et fier, avec l'énergie d'un preux chevalier du Christ. A son aspect, la foule s'arrêta, muette d'abord d'étonnement et de pitié; puis, aussi mobile que les flots de la mer. éclatant tout d'un coup en murmures, en railleries, en rires méprisants, elle jeta des pierres et de la boue à cette idole qu'elle avait naguère portée sur le pavois et que la veille encore elle adorait. « Il est

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