‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 61 sur 347 · Légende des trois compagnons, c. xn. « Dixit Mis unde · texte numérisé non relu

Légende des trois compagnons, c. xn. « Dixit Mis unde

Ciiit.... »

qu'avec cette pureté de foi qui voit dans la Papauté le foyer des lumières, la pierre fondamentale de l'Église catholique, l'infaillible interprète de l'Évangile, la sauvegarde de tous les intérêts et l'espérance de l'avenir! Aucune loi ecclésiastique n'obligeait alors les Ordres religieux à demander cette approbation de Rome, qui ne fut imposée que six ans plus tard, au quatrième Concile de Latran ; mais le saint fondateur savait que les autres colonnes de l'Église peuvent s'écrouler et qu'à Pierre seul il a été dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. » Son plan était aussi simple que profond. Planter la croix dans les cœurs, la poser au sommet de l'édifice social, et pour cela assembler, discipliner tous les éléments du bien, en faire une armée permanente, et lui donner pour chef le Vicaire de Jésus-Christ ; voilà en deux mots le projet qu'il conçut, et au succès duquel il consacrera tout le reste de sa vie. Qu'on y voie un trait de génie ou le fruit d'une inspiration divine, peu importe ! Les conséquences sont les mêmes. Par là il mettait à jamais ses enfants dans l'obligation de recevoir des lèvres de Pierre la pure doctrine de l'Évangile ; par là il leur assurait le bénéfice de l'infaillibilité pontificale et de l'immortelle durée de l'Église.

Ses compagnons, épousant ses vues et ses espérances, applaudirent à sa proposition. Le saint écrivit aussitôt une Règle composée de quelques sentences de l'Évangile et prescrivant, outre les trois vœux ordinaires de pauvreté, d'obéissance et de chasteté, une renonciation totale à toute possession, même en

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