‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 62 sur 347 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

commun. Dès que la rédaction en fut terminée (dans le courant du mois de mai 1209, d'après Cristofani), tous prirent le chemin de Rome sous la conduite, non de saint François, trop humble pour se mettre en avant, mais de Frère Bernard de Quintavalle. Qu'il est beau de voir ces dix pèlerins entourant leur bienheureux Père comme les apôtres entouraient le Sauveur sur les chemins de la Judée, marchant pieds nus, sans bourse ni bâton, sous les rayons d'un soleil brûlant, et charmant la longueur de la route par de ferventes prières ou par de pieux entretiens (1) !

Nous n'avons que deux incidents à noter] dans ce voyage. Le premier, c'est la conversion d'Ange Tancrède. Traversant les rues de Rieti, François avise un brillant chevalier, et, sans qu'il l'ait jamais connu, il l'aborde et lui dit : « Frère Ange, il y a assez longtemps que tu portes le baudrier, l'épée et les éperons. Il faut maintenant que tu aies pour baudrier une grosse corde, pour épée la croix de Jésus-Christ, pour éperons la poussière et la boue. Suis-moi , et je te ferai soldat du Christ. » Le vaillant officier se joint immédiatement à la phalange des pauvres volontaires , où il prend le rang et le titre de onzième compagnon de saint François (2).

Le second incident fut une vision consolante qu'eut le saint fondateur. Dieu lui montra la Papauté sous la figure d'un beau palmier dont les branches s'inclinaient gracieusement vers lui. Cette apparition le

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