CHAPITRE IV
multiplier notre petite famille. Il nous faut une demeure plus vaste, une église pour l'office canonial, et un cimetière pour les morts. Allons donc trouver l'évèque d'Assise, et prions-le de procurer un asile à notre Ordre naissant. » L'évèque ne put satisfaire aux désirs du saint ; celui-ci fut plus heureux auprès des Bénédictins du mont Soubase, qui lui concédèrent de la meilleure grâce du monde la chapelle de Nolre-Dame-des- Anges avec la maison attenante et quelques parcelles de terrain, à la condition que ce couvent serait toujours regardé comme le berceau et la maison-mère de l'Ordre des Frères-Mineurs. François accepta volontiers le présent et la condition (1) ; il était au comble de ses vœux. Sa reconnaissance a traversé les siècles, et ses fils se plaisent à redire, aujourd'hui comme il y a six cents ans, que c'est aux disciples de saint Benoit qu'ils sont redevables de leur premier établissement, de leur premier lieu de prière.
François vint immédiatement avec ses Frères occuper la Portioncule, pour y continuer la vie de pénitence qu'il y avait inaugurée l'année précédente. Ah ! qu'elles furent douces les émotions qui firent battre son cœur, lorsqu'il prit possession, au nom de la Reine du ciel, de ce petit coin de terre trois fois béni ! Qu'ils furent brûlants les accents de gratitude qui montèrent alors de cette chapelle vers le trône de la Vierge immaculée! Le choix même du lieu rappelait tant de souvenirs, excitait tant d'espérances dans le cœur du serviteur de Dieu ! C'était là que