‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 93 sur 347 · Th. de Celano , Vita prima, p. I, c. xv · texte numérisé non relu

Th. de Celano , Vita prima, p. I, c. xv

ville sans proférer une seule parole, et rentre au couvent. « Et notre prédication, mon Père? lui dit le novice. — Elle est faite », répliqua le saint, voulant faire entendre par là qu'un extérieur modeste et recueilli vaut souvent pour le inonde une éloquente prédication.

Toutefois, sa vertu favorite, celle qu'il se plaisait à nommer le fondement de son Ordre et la dame de ses pensées, celle dont il cherchait par-dessus tout à inculquer l'estime à ses disciples, c'était la pauvreté évangélique. Pour elle, il trouvait des accents de feu; et alors, pour être éloquent, il n'avait qu'à laisser parler son cœur. Écoutons le discours enthousiaste que lui inspirait sa passion pour cette vertu (1).

« Fils bien-aimés, n'ayez point de honte d'aller demander l'aumône, parce qu'en cela vous marchez sur les traces du Fils de Dieu, qui s'est fait pauvre pour jaous en ce monde. C'est cette très haute pauvreté qui vous établit héritiers du royaume des cieux. Allez donc, avec la bénédiction de Dieu, demander l'aumône; allez avec plus de confiance et de joie que si vous offriez cent pour un, puisque c'est l'amour de Dieu que vous offrez en la demandant, quand vous dites : « Donnez pour l'amour de Dieu », et qu'en comparaison de cet amour, le ciel et la terre ne sont rien!... Souvenez-vous que le pain quêté de porte en porte est le pain des Anges ; car ce sont les bons Anges qui inspirent aux fidèles la pensée de le donner pour l'amour de Dieu. Ainsi s'accomplit dans les saints pauvres ce mot du Prophète-Roi : V homme

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