‹ Saint François d'Assise (1182-1226) (volume 2)Chapitre 92 sur 347 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

que le Dieu de la crèche reconnaît ses vrais serviteurs. Or, un homme est humble quand il ne tire point vanité du bien que le Seigneur opère par lui, quand il a de bas sentiments de lui-même, quand enfin il se pose au dernier rang dans l'échelle des êtres.

* Pratiquez l'humilité. Ne vous faites point appeler maîtres ni docteurs ; carie nom de Maître ne convient qu'au Christ béni, qui seul possède tous les trésors de la sagesse et dont toutes les œuvres sont parfaites. Mieux vaut l'humilité sans beaucoup de science que beaucoup de science sans vertu. Heureux le religieux qui ne tient pas plus compte des applaudissements des hommes que de leurs mépris! Car l'homme ne vaut, après tout, que ce qu'il vaut devant Dieu, et rien de plus... Heureux le Frère qui est promu aux charges et aux dignités sans les avoir briguées, et qui n'aspire qu'à en descendre ! Malheur, au contraire, à celui qui se complaît dans les prélatures et cherche à s'y éterniser! » Entendant lire un jour ces paroles de la Règle : Et sint minores : « Je veux, dit-il, que cette fraternité s'appelle l'Ordre des Frères-Mineurs (1). »

L'humilité est une vertu tout intérieure ; la modestie en est le reflet sur le visage ; et comme les hommes ne peuvent lire dans les consciences, elle a le don de frapper et d'émouvoir les foules, souvent plus que le tonnerre de l'éloquence. Pour mieux faire saisir cette vérité, le saint fondateur dit un jour à l'un de ses novices : « Mon Frère, allons prêcher. » Il monte à' Assise avec son compagnon, parcourt les rues de la

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