‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 107 sur 189 · MAITRE · texte numérisé non relu

MAITRE

ie supérieure

(Part

d'après la déposition d'un témoin oculaire, la fidèle peinture de l'impression que produisirent sa personne et son allocution : « Moi, Thomas, citoyen de Spalatro et archidiacre de l'église cathédrale de la même ville, étant étudiant à Bologne, l'an 1220, en la fête de l'Assomption de la Mère de Dieu, j'ai entendu saint François prêcher sur la place publique, devant le Petit-Palais, où toute la ville était assemblée. Il partagea ainsi son discours : les anges, les hommes, les démons. Il parla de ces êtres intelligents avec tant d exactitude et d'éloquence, que les gens de lettres qui l'écoutaient admirèrent un si beau langage dans la bouche d'un homme simple. Il ne suivit point la marche ordinaire des prédicateurs ; mais, parlant à la facon des orateurs populaires, il ramena tout à ce seul point, l'extinction des inimitiés et de l'esprit de vengeance, le rétablissement de la paix et de la concorde entre concitoyens. Son habit était vil et grossier, sa personne chétive, son visage défait; mais Dieu donnait une telle efficacité à ses paroles, qu'un grandnombrede gentilshommes, extrèmement animésles uns contre les autres, et dont la fureur avait déjà répandu beaucoup de sang, se réconcilièrent publiquement. L'affection et Ja vénération pour le Saint étaient si universelles et allaient si loin, que la foule courait à lui et qu on s’estimait heureux de pouvoir seulement toucher le bord de sa robe (1).» L'archidiacre de Spalatro raconte ensuite les merveilles opérées par notre Saint. Les Bolonais revinrent aux pratiques de la foi chrétienne ; plusieurs revêtirent les livrées de la pénitence, entre autres Nicolas Pepoli, donateur du couvent de cette ville, Bonizio et deux jeunes étudiants, Pellegrino Falleroni et Rizzier de Muccia. François fit plusieurs miracles ; il rendit la vue à un enfant, en faisant sur lui un

(1) Waoninc, t. I, p. 337.

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