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Der. RES - PIRE D MOMENT EU
Devant le temple de Minerve, à Assise, un homme inspiré de Dieu étend son : manteau sous les pas de Francois. (D'après Giotto.)
Un habitant d'Assise, homme simple et sans doute inspiré d'en haut, faisait au saint jeune homme une ovation dont on ne trouve pas d'exemple dans l'histoire. Toutes les fois qu il rencontrait le fils de Bernardone dans les rues d'Assise, il étendait son manteau sous ses pas, en criant aux passants
étonnés . « Vous ne sauriez rendre trop d'honneurs à ce jeune homme : il s'illustrera entre tous ses compatriotes, et sera vénéré de tous les fidèles. » Quant à François, il écoutait ces paroles prophétiques, mais sans en comprendre le sens divin ni la portée (1).
Vers la même époque et sous la même inspiration, un
autre de ses compatriotes, un autre homme du peuple,
parcourait les rues de la vieille cité en criant : « Pax et bonum! Paix et bien! » Il continua pendant plusieurs années cet office de précurseur et se tut après la conversion du Saint (2).
Les honneurs de la prospérité sont une liqueur enivrante qui trouble les meilleurs esprits. Peut-être eût-elle corrompu aussi l'âme du pieux adolescent, si Dieu n'eût pris soin d'y méler le breuvage amer, mais salutaire, de l'épreuve et de la douleur.
L'épreuve fut aussi longue qu'inattendue. Elle lui vint à l'issue de la guerre qui éclata en 1199 entre Assise ct Pérouse : guerre dont un écrivain moderne, suppléant au silence des biographes du Saint, a mis en lumière l’origine et les motifs, en se fondant sur les archives municipales d'Assise (3).
Depuis un demi-siècle, la Péninsule était divisée en deux grandes factions qui se disputaient le pouvoir, les Guelfes et les Gibelins. Les Guelfes étaient les partisans de l'indépeudance italienne et de l'autorité pontificale; ils s'appuyaient principalement sur le clergé et la bourgeoisie; et partout où ils étaient Îles maîtres, les cités s'érigeaient en communes imitées du municipe romain, ou plutôt en républiques autonomes. Les Gibelins étaient les partisans des
(4) Boxav., c. 1.
(2) Tres socti, c. vit.
(3) Crisrorant, Histoire d'Assise, liv. I1, p. 84-98.
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