‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 13 sur 189 · VUE DU CHATEAU FEODAL D'ASSISE · texte numérisé non relu

VUE DU CHATEAU FEODAL D'ASSISE

Toutes les cités de la Toscane et de l'Ombrie, érigées en autant de républiques sous la suzeraineté du pontife romain, avaient pris parti dans la querelle. Assise s'était rangée du côté des Guelfes. Enlevée au Saint-Siège en 1160 par Frédéric Barberousse, elle ne supportait qu'en frémissant le joug de l’usurpateur. En 1177, sous les yeux de Conrad Lützen, grand feudataire d'Allemagne, duc de Spolète et comte d'Assise, elle institua des consuls chargés

de défendre ses intérêts. En 1198, à l'avènement d’Innocent III, elle alla plus loin : elle prit les armes, et ses milices assiégèrent, emportèrent d'assaut et rasèrent sur-le-champ la redoutable citadelle qui depuis sa fondation avait servi d'instrument à la tyrannie de l'étranger. Enflammée par ce premier succès, elle releva les remparts de la ville, convia tous les grands vassaux de l'empire à faire la paix avec elle, et les menaça, s'ils s'y refusaient, de démolir leurs châteaux forts. L'exécution de cette menace amena la guerre dont nous ignorions l'origine. Une dizaine de barons, de ceux qui, par esprit de caste, faisaient fi des sommations de la commune, se voyant chassés de leurs terres et à la veille d'une ruine inévitable, prirent un parti désespéré : ils se jetèrent dans les bras de Pérouse, la rivale séculaire d'Assise. Il n’y eut qu'une voix dans Assise pour blâmer leur déloyauté, leur félonie, et proclamer quil en fallait tirer une éclatante vengeance (1).

Si François avait été un ambitieux, il aurait épousé la cause des grands feudataires, assurés de vaincre avec le concours de Pérouse ; mais il n écouta que le cri du droit méconnu et de la justice outragée, et se rangea sous la bannière communale.

L'an 1201, les milices d'Assise, plus braves que prudentes, sortirent de la ville, et se portèrent, enseignes déployées, au-devant de l'ennemi. La mélée fut terrible ; mais, finalement, le sort des armes fut contraire aux défenseurs de la commune d'Assise. Plusieurs d'entre eux périrent sur le champ de bataille; d'autres furent faits prisonniers et emmenés à Pérouse. Au nombre de ces derniers il faut compter le fils de Bernardone, « qu on enferma parmi les chevaliers, parce que, remarquent ses biographes, il avait

(1) Crisrorani, Histoire d'Assise, loc. cit.

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