‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 131 sur 189 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

et lui-même avouait à ses compagnons qu'il le trouvait partout. Remontant à l'origine première des choses, et consi-

Saint François, par les trois vœux de religion, triomphe des trois grandes forces du mal. (Tableau du quinzième siècle.) |

dérant toutes les créatures, même celles qui ne sont pas douées de raison, comme sorties du sein paternel de Dieu,

il les appelait avec une tendresse ineffable « ses frères et ses sœurs ». Les impies ne voient Dieu nulle part; François le voyait partout. Toute la nature était pour lui comme un clavecin harmonieux dont toutes les notes exaltaient ses perfections. Il y mélait sa voix. Héritier de l'esprit des prophètes, il invitait tous les êtres de la création, « les fleuves et les mers, les montagnes et les vallées, les prairies et les troupeaux de bêtes, les hommes et les anges, à louer leur Créateur; et il demeurait au centre de ce concert, comme un musicien inspiré, résumant dans son âme toutes les sublimes harmonies, pour les faire remonter en adorations brûlantes vers Celui qui est la source de toute harmonie et de toute beauté (1)».

Vers la fin de l’année 1224, s'étant retiré à cause de ses infirmités dans une pauvre petite cellule, voisine du monastère de Saint-Damien, il eut une extase où l'esprit de Dieu l'assura de son salut éternel, et à la suite de laquelle il ordonna à Frère Léonard, son compatriote, de prendre la plume et d'écrire. Alors, il entonna le Cantique du Soleil, sublime improvisation que « le roi des vers », Frère Pacifique, réduisit peut-être à un rythme plus harmonieux ou plus exact, et que Thomas de Celano mentionne sous le titre d Hymne de la création (2). En voici la traduction :

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