‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 133 sur 189 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

« Loué soit mon Seigneur par notre sœur la lune et par les étoiles, qu'il a suspendues, comme autant de lampes claires et brillantes, à la voûte du firmament.

« Loué soit mon Seigneur par notre frère le vent, par l’air, par le temps calme et par les tempêtes, et par toutes les saisons par lesquelles, ôÔ mon Dieu, vous entretenez la vie de vos créatures.

« Loué soit mon Seigneur par notre sœur l’eau, qui est très utile, humble, précieuse et chaste.

« Loué soit mon Seigneur par notre frère le feu, qui dissipe les ombres de la nuit, et qui est beau, agréable à voir, indomptable ct puissant.

« Loué soit mon Seigneur par notre mère la terre, qui nous porte, nous nourrit, et produit une si belle variété d’herbes, de fleurs et de fruits. » |

: Peu de jours après, un conflit éclata entre l'évêque d'Assise et les magistrats de la cité. Don Guido fulmina contre eux l’interdit, et, de leur côté, les consuls mirent le prélat hors la loi. François, affligé d'une pareille dissension, ajouta à son cantique la strophe suivante, que ses Frères chantèrent à deux chœurs devant les deux partis, et qui

rétablit aussitôt la concorde :

« Loué soit mon Seigneur par ceux qui pardonnent facilement pour son amour ct qui supportent patiemment les maladies et les tribulations. Bienheureux ceux qui vivent en paix, parce qu'ils seront couronnés dans le ciel! » |

Enfin, lorsque Notre-Seigneur lui eut révélé, au couvent de Foligno, qu'après deux ans de souffrances, il serait délivré de la prison de son corps et transporté dans le séjour de l'éternel repos, il termina son hymne d'amour par ce cri de reconnaissance :

:« Loué soit mon Seigneur par notre sœur la mort corporelle, à laquelle nul enfant des hommes ne saurait échapper. Malheur à qui trépasse en état de péché mortel! Bienheureux, à mon Dieu, ceux

que la mort trouve dociles à vos très saintes volontés, parce que la seconde mort ne pourra les atteindre!

y Louez et bénissez mon Seigneur, vous qui êtes ses créatures; rendez-lui grâces et le servez en toute humilité. »

Tels, sous l'inspiration divine, les trois jeunes gens Ananias, Mizaël et Azarias, se promenant au milieu des flammes de la fournaise de Babylone, comme on se promène sous la bise rafraichissante du matin, entonnaient ce cantique débordant de poésie :

OEuvres du Seigneur, bénissez-le, louez-le, exaltez son nom dans tous les siècles!

Cieux, bénissez le Seigneur!

Étoiles du ciel, bénissez le Seigneur!

Pluie et rosée, bénissez le Seigneur!

Vents et tempêtes, bénissez le Seigneur!

Feux des étés, bénissez le Seigneur!

Froids des hivers, bénissez le Seigneur!

Lumière et ténèbres, bénissez le Seigneur!

Éclairs et nuages, bénissez le Seigneur!

Montagnes et collines, bénissez le Seigneur!

Herbes et plantes qui germez en terre, bénissez le Seigneur!

Sources et fontaines, bénissez le Seigneur!

Eaux des mers et des fleuves, bénissez le Seigneur!

Poissons qui respirez sous les eaux, bénissez le Seigneur!

Oiseaux du ciel, bénissez le Seigneur!

Bêtes sauvages et troupeaux, bénissez le Seigneur!

Le Cantique du Soleil était tout à la fois un hymne et une prière. Le vénérable fondateur voulait que ses Frères l'apprissent et le récitassent chaque jour. Ce poème est bien court, et cependant toute l'âme du Saint, la richesse de son imagination, la hardiesse de son génie ont passé dans cette . œuvre, et l'on y sent comme un souffle de ce paradis terrestre de l'Ombre, où le ciel est si doré et la terre si chargée de fleurs.

Pour cet homme séraphique, la création rentrait dans le plan primitif de la Providence, si douloureusement brisé par le péché. Pour lui, tout chantait dans la nature. Les fleurs

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