À L'ALVE
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couleur vermeille, d'où le sang découlait souvent sur les vêtements du Saint.
« Il portait donc les sacrés stigmates, visiblement imprimés sur sa chair. Cette faveur du ciel le jeta dans une grande perplexité : devait-il la révéler, ou devait-il la taire? Il ne savait à quel parti s'arrêter; car, d'une part, il ne pouvait la dérober longtemps aux regards de ses plus intimes compaguons; et, de l’autre, il appréhendait de publier le secret du Seigneur. Il manda quelques-uns de ses disciples, et leur proposa sou doute en termes vagues ct généraux, comme sil se fût agi d'un autre. Mais l'un d'eux, le Frère Illuminé (le même qui l'avait accompagné en Orient}, comprenant, à son émotion, qu'il avait dû recevoir quelque grâce extraordinaire : « Père, lui dit-il, sachez que ce n'est pas pour vous seul, mais aussi pour le prochain, que les mystères du ciel vous sont dévoilés. Si vous les gardez exclusivement pour vous, vous aurez tout lieu de craindre, ce me semble, que Dieu ne vous demande compte un jour du talent enfoui. »
« Cet avis fit impression sur le séraphique Père ; et quoiqu'il répétât habituellement : « Secretum meum mihi : C'est “ mon secret », cette fois il raconta tout au long, non sans crainte, la vision qu'il avait eue, ajoutant cependant que le Séraphin lui avait révélé des choses que, de sa vie, il ne découvrirait à personne. Peut-être les discours de l'Ange furent-ils si divins, que la langue humaine scrait impuissante à les traduire! Saint Francois, ayant terminé son carème en l'honneur de saint Michel, desceudit de la montagne, tout transfiguré par le divin amour et portant l'image du Crucifié gravée, non sur la pierre ou sur le bois, mais dans sa propre chair, par le doigt du Dieu vivant. Il s'efforcait de cacher « le secret du grand Roi » ; mais Dieu, à qui il appartient de donner de l'éclat à ses œuvres, opéra de nouveaux