‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 61 sur 189 · LA · texte numérisé non relu

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OBSÈQUES SOLENNELLES DE SAINTE CLAIRE. (D'après Giottino.)

si lourd que les ravisseurs, forcés d'avouer leur impuissance, l'abandonnent sur les bords du ravin. Un de ses oncles, Monaldo, lève sur elle une main sacrilège, et va la percer de son épée; mais il ne peut consommer son crime : son bras s'arrête, immobile et desséché. Claire arrive sur ces entrefaites; elle conjure ses parents de lui laisser au moins les restes ensanglantés d'Agnès. Les chevaliers, poursuivis par le trouble et le remords, finissent par s’éloigner du champ de bataille, tandis que les deux sœurs, se félicitant mutuellement d'avoir été jugées dignes de souffrir pour le nom de Jésus, entonnent le cantique de la déli-

vrance. Hâtons-nous d'ajouter que cette coupable opposition de la famille se changea bientôt en une admiration sans bornes. 'Monaldo guérit miraculeusement, et, sachant qu'il était redevable de sa guérison aux prières de ses nièces, il devint leur plus zélé défenseur; Favorino se soumit à la volonté de Dieu, et s endormit peu de temps après du sommeil des justes.

Saint-Ange du Panso n était qu'un abri provisoire. Dès que le saint fondateur eut imposé le voile à Agnès, il établit les deux sœurs dans la maison qui touche à l'église Saint- Damien, la première des trois églises qu'il avait réparées. Ainsi se vérifia la prophétie que le Bienheureux avait faite cinq ans auparavant, annonçant que là fleurirait un couvent de Pauvres Dames. Claire s'enferma dans cette prison volontaire, et elle n'en sortit que pour l'échanger contre les splendeurs du ciel. Saint-Damien devint donc pour les filles de saint Francois, pendant un demi-siècle, ce qu'était la Portioncule pour ses fils, un jardin fermé, un parterre mystique où ne manquent ni les lis de la virginité ni les roses du martyre de la pénitence. Qui pourrait dire combien de fleurs célestes s'y épanouirent sous le regard de Dieu, combien d'anges terrestres s envolèrent de là vers les collines éternelles? Contentons-nous de rappeler ici que la sainte abbesse vit accourir sous sa houlette une phalange d'âmes séraphiques, parmi lesquelles on est heureux de compter Ortolana, sa mère, devenue veuve; Béatrix, sa seconde sœur, et cette Bona Guelfucci dont les conseils avaient guidé son enfance.

L'Ordre des Pauvres Dames, qu'on appela dans la suite l'Ordre des Clarisses, était fondé. François, ayant écrit pour ses filles spirituelles une règle calquée sur celle des Frères Mineurs, leur donna pour supérieure la vierge Claire, et pour visiteur ce Frère Philippe le Long, dont il est dit

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