‹ Saint François d'Assise (1182-1226)Chapitre 87 sur 189 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ment les avoir appris de la bouche du Frère Masseo (1). » Le lendemain, 2 août, les sept évêques consacrèrent l'humble chapelle de Notre-Dame des Anges. | On vient de lire l'historique de la célèbre indulgence que

Comment saint François prêcha l'Indulgence devant les sept évêques désignés par le Pape. (D’après Tiberio.)

les peuples vénérent sous le nom de Grand Pardon d'Assise. Il ne sera pas inutile, par ces temps de scepticisme universel, de réfuter les dénégations de l’école rationaliste, de ces critiques à outrance, français ou allemands, qui proscrivent

(1) Lettre de Conrad, évèque d'Assise. Acta SS., % octobre, ANALECTA, p-3, S 2.

le surnaturel au nom de la science moderne. Ils ont imaginé de combattre la vérité de l'indulgence, en traitant de rêveries l'apparition qui en est la base.

Pour être bref, contentons-nous de poser un principe admis de tous, c'est que la concession de l'indulgence est un fait, avant d'être une grâce. Dès lors, comme tous les faits, elle se prouve par le témoignage. Or, ici, les voix ont assez de poids et sont assez nombreuses pour porter la conviction dans les esprits. C'est, en première ligne, le héros lui-même, seul capable de donner des détails précis sur l'apparition. Ce sont, en seconde ligne, les témoins oculaires ou auriculaires, Masseo, Pierre Cattani, Bernard de Quintavalle et Ange de Rieti; et après eux ceux de la génération suivante, le patricien Zelfano d'Assise, les Frères Marin, neveu de Masseo, Benoît et Rainier d'Arezzo, « dont plusieurs, dit Théobald, sont encorc vivants (1) », et au témoignage desquels il ne craint pas d'en appeler. Ce sont enfin les divers historiens qui ont relaté le fait : Théobald, dont la circulaire est une réponse vengeresse aux perfides insinuations des incrédules du temps; Bartholi, lecteur au couvent de la Portioncule; Conrad, successeur de Théobald sur le siège d'Assise; Giunta Bevegnati, dans sa Vie de sainte Marguerite de Cortone (2), et le vénérable Jean de l'AIverne, transcrivant une déposition dont la touche particulièrement attendrissante fera impression sur tout esprit impartial.

« L'an 1309, un vieillard plus que centenaire, des environs de Pérouse, et fervent Tertiaire, avait fait plus d'une licue à pied pour se rendre à la Portioncule et gagner l'indulgence du 2 août. Jean de l'Alverne, son confesseur, ne

(4) « Ex quibus plures hodie vivunt, qui hæc omnia protestantur. » Cf. Wan- DixG, t. V,p. 24.

(2) G. Bevecxarni, ec. 1x, K$ #9 et 50.

Page 1