‹ Saint François d'Assise (1182-1226) [microform]Chapitre 158 sur 170 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

comnie le soleil brille en son midi. » Le cardinal Octavien,. cousin d'Innocent III, lut ensuite, à haute voix, la relation des miracles juridiquement constatés. Cette lecture donna lieu à une scène des plus émouvantes, et peut-être

Saint François dans la gloire. (D'après Puccio Capanna.)

sans exemple dans l'histoire. La plupart des personnes sur qui s'étaient opérés ces prodiges étaient présentes dans l'auditoire; elles auraient pu répondre, n'eût été la sainteté du lieu : « C'est vrai!... C'est à moi que cela est arrivé ! » Elles gardaient le silence, mais ce silence éloquent où le visage rayonnant d'allégresse traduit les sentiments qui emplissent le cœur. Toute l'assemblée parta-

geait leur enthousiasme, et chaque fois qu'un nouveau nom était prononcé, c'était un nouveau fréniissiement d'admiration.

Un second orateur, le cardinal Rainerio Capoccio, jadis intimement lié avec les saints Patriarches Dominique et François, raconta à son tour ce qu'il savait sur la vie de ce dernier. L'assistance était frémissante d'émotion. Enfin, le Souverain Pontife, les mains et les yeux au ciel, en face de la foule haletante et recueillie, prononça ces solennelles paroles :

« A la gloire de Dieu tout-puissant. Père, Fils et Saint-Esprit, de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints apôtres Pierre et Paul, et à l'honneur de l'Église romaine, — Nous avons résolu, de l'avis de nos frères les Cardinaux et les autres prélats, d'inscrire au catalogue des Saints, le Bienheureux Père François, que Dieu a glorifié dans le ciel et que nous vénérons sur la terre. Sa fête sera célébrée le 4 octobre (1). »

Alors, il entonna le chant du triomphe, le Te Deum, que continuèrent les cardinaux et les Frères Mineurs. Le peuple y répondit par d'immenses acclamations, et les joyeuses volées des cloches annoncèrent au loin la promulgation du décret de canonisation. Grégoire IX, descendant ensuite de son trône, alla se prosterner devant la châsse du nouveau Saint, y colla ses lèvres, y déposa son offrande, selon l'usage, puis revint offrir le saint sacrifice de la messe. Les fils du saint Patriarche, un cierge ou une branche d'olivier à la main, formaient une couronne autour de l'autel et chantaient en chœur :

« Franciscus pauper et humitis cœlum dives ingreditur ; hymnis cœlestibus lionoratur : L'humble et pauvre François

(1) Tu. DE Gelaso, Vita prima^ De canon.

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