CHAPITRE VIII
En Tannée 1216, François ne séjourna pas longtemps dans les cavernes de l'Apennin. Il descendit bientôt à la
LES GROTTES DU COUVENT DES GAUCEKl
Sanctifiées par le séjour de saint François et de ses premiers compagnons.
Portioncule, où le poussaient comme malgré lui une main invisible et le désir chaque jour plus ardent de recueillir une
SxiINT FRANÇOIS D'ASSISE.
plus ample moisson de grâces pour les pécheurs. Sa confiance était sans bornes, car il avait appris de la Reine des Anges elle-même qu'elle se plaisait à répandre ses dons dans ce sanctuaire (1). Il était loin pourtant de se douter des merveilles que Dieu lui préparait. Nous allons raconter ces merveilles, en prenant pour guides deux auteurs dont on ne saurait, sans injustice, suspecter ni la compétence ni la sincérité, Tliéobald et Conrad, tous deux évêques d'Assise (2). Mais avant d'approcher du buisson ardent de la Portioncule, arrêtons-nous un instant et délions, comme Moïse, les courroies de nos chaussures, c'est-à-dire, élevons nos esprits, purifions nos cœurs ; car la terre que nos pieds fouleront est sainte, et les spectacles que nos yeux contempleront sont dignes de l'admiration des Anges.
(1) Tu. DE Celano, Viia secuncla, p. 1, c. xii.
^^2) Acta SS., 4 oct., Analecta, p. 111, §§ 1 et 2. Pour l'authenticité des deux diplômes, voir les Annales franciscaines, août 1890, p. 950.
La cordelière entoui-ant l'écusson de France et de Bretagne. (Château d'Auiboise.)