CHAPITRE VIII
l'Adriatique, Ascoli, Cameriiio, Maçerata, Monte-Gasale, Ancône et Fabriano .
Assise avait le droit d'être fière d'un fils dont le concile de Latran avait proclamé le mérite et la sagesse, et dont tant de populeuses cités racontaient les prodiges. Elle ne fut pas sans lui préparer quelque fête, quelque ovation, et
CODVENT JDKS CAUCEIU, PllKS D ASSISE.
nous en trouvons comme un écho dans une inscription lapidaire du temps. Comme le retour de François coïncidait avec l'achèvement de l'abside de l'église Sainte-Marie Majeure, on grava son nom à côté de celui de l'évêque, soit qu'on le considérât comme associé à la même œuvre ou comme le plus assuré de passer à la postérité (1).
(1) Cette inscription est gravée en latin sur une pierre incrustée dans les arcatures de l'abside. En voici la traduction : « L'an 121(5, indiction 4", l'an 10" du
Vers la même époque, les Bénédictins, à qui il était déjà redevable du couvent de Notre-Dame des Anges, lui offrirent un second monastère, connu depuis sous le nom de Carceri (les Prisons). Cet ermitage pittoresque, perché comme un nid d'aigle au sommet du Soubase, à trois milles environ d'Assise, cet ermitage avec sa forêt de chênes verts, ses ravins infranchissables et ses cavernes taillées dans les entrailles du rocher, répondait trop bien aux goûts de notre Saint pour qu'il n'acceptât pas avec reconnaissance une pareille donation. Dans la suite, il y monta souvent, « Il aimait à s'y retirer au lendemain de ses travaux apostoliques, pour se mieux recueillir devant Dieu. Là, diligente abeille au sein même de l'oraison, il cueillait sur les fleurs du Ciel un suc abondant et en formait un miel délicieux qu'il distribuait ensuite, dans ses prédications, aux âmes affamées de Dieu (I). »
Ces grottes sévères sont encore tout embaumées du parfum de sa présence et de ses prières; et, depuis six siècles, les pèlerins y montent sans interruption pour vénérer son oratoire, sa cellnle, la pierre qui lui servait de lit, le puits dont l'eau jaillit à sa prière des entrailles du rocher, le chêne séculaire sur lequel les oiseaux venaient se percher pendant quilles haranguait, l'abîme que se creusa le démon lorsque, chassé par le Saint, il rentra dans le séjour du pleur éternel, les cavernes illustrées par des pénitents dont la plupart sont connus de nos lecteurs, Silvestre, Bernard de Quintavalle, Masseo, Gilles, Rufin, André de Spello, saint Bernardin de Sienne, l'apôtre du saint nom de Jésus, saint Jacques de la Marche, le marteau des musulmans, et le Bienheureux Antoine de Stroncone.
temps de Vévêque Gui et du Frère François. » Voir les Annales Franciscaines, juin 1889, p. 295.
(1) Marc de Lisbonne, Chronique.