G 1 OTTO
MORT ET FUNÉRAILLES DE SAINT FRANÇOIS (Assise. Éiilise supérieure de Saint-Fran(;ois)
eux, il ajouta cette strophe au Canti(|ue de frère Soleil :
Loué sois-tu, Seigneur, à euuse de ceux qui panlonnent pour ton Et supportent des maladies et des tribulations. Bienheureux ceux qui se maintiennent en paix. Car, par toi, Très-IIaut, ils seront coui-onnés.
11 envoya des frères prier le Podestat et les principaux d'Assise de se réunir à l'évêché : « Et, quand tous furent réunis sur la place du cloître de l'évêché, deux frères se levèrent, et Tun d'eux dit : « Le bienheureux François a fait, dans sa maladie, les Louanges du Seigneur par ses créatures, à la louange du Seigneur et pour l'édification du prochain ; et, pour cela, je vous prie affectueusement que vous les écoutiez en grande dévotion. » Et ils se mirent à les chanter.
» Alors le Podestat immédiatement se leva, et, les bras et les mains joints, les écouta attentivement, à très grande dévotion et avec grande eifusion de larmes, comme s'il entendait l'Evangile du Seigneur ; car il avait grande foi et dévotion au bienheureux François.
» Et, comme ils eurent tini de chanter... le Podestat, se jetant aux pieds de l'évêque, lui demanda pardon... et l'évêque, l'embrassant, le releva de ses mains... »
Cependant, François sentait approcher le terme de ses jours. Les paroles qu'il adressait aux frères qui le soignaient devenaient de plus en plus inef-
fables : il leur demandait humblement de supporte^ avec patience les fatigues qu'il leur donnait, à cause des soins que son état nécessitait. En mémoire de Christ, il avait voulu faire la cène avec eux et leur distribuer le pain rompu du dernier repas en commun auquel il devait présider ; enfin, il avait béni en leurs personnes tous les frères disséminés par le monde... Dans ses moments d'abattement, il demandait aux frères de lui chanter le Cantique des Créatures... Frère Elie, le vicaire général, ayant pris ombrage de ces chants, vint représenter à saint François que les habitants de la cité, entendant tout ce l)ruit, pourraient se dire : « Comment cet homme qui devrait penser à la mort peut-il montrer tant de joie ? » Et saint François lui répondit : « Jusqu'à cette révélation où Dieu me rendit certain de la rémission de mes péchés et de la béatitude du Paradis, je pleurais de la mort et de mes péchés. Mais, depuis que j'eus cette révélation, je suis si plein d'allégresse, que je ne puis plus pleurer, et, pour cela, je chante et je chanterai à Dieu... »
Sa situation s'aggravait dlieure en heure ; son médecin lui ayant dit (|u'il n'y avait plus aucun espoir de guérison, il s'écria avec une grande joie : « Bienvenue soit ma sœur, la mort !... » Puis, « avec grande ferveur d'esprit, il h^ia le Seigneur, disant à un frère : « Allons, s'il plaît à mon Seigneur que je meure bientôt, fais venir à moi frère Ange et frère Léon, afin qu'ils me chantent notre sœur, la mort... »
« Lorsque les deux frères furent devant lui, ils chantèrent, avec grande amertume et douleur, le Cantique de frère Soleil et des autres créatures, que le saint lui-même avait fait. Et, alors, avant le dernier vers de ce chant, il ajouta quelques vers sur notre sœur, la mort, disant :
Loué sois-tu, Seigneur, i)our notre sœur, la mort corporelle,
A laciuelle nul homme vivant ne peut se déiober.
Malheur à ceux qui meurent en i)éché nK)rtcl.
Bienheureux ceux qui se trouvent selon tes très saintes volontés,
Parce que la seconde mort ne pourra leur faii-e mal.