‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 105 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita secunda, p. III, c. cvuri · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita secunda, p. III, c. cvuri

conversons avec Dieu et avec les anges, et nous menons une vie qui tient plus du ciel que dela terre. La prédication, au contraire, rend poudreux les pieds de l’homme spirituel; elle distrait, dissipe, mène au relâchement de la discipline. Ainsi l’une est la source des grâces, l’autre est le canal qui les distribue. Néanmoins, il est une considération d’un ordre plus élevé qui me fait pencher vers la vie apostolique : c'est l'exemple du Sauveur des hommes, qui a joint la prière à la prédication. Puisqu'’il est le modèle que nous nous sommes proposé d’imiter, il paraît plus conforme à la volonté de Dieu que je sacrifie mes goûts et mon repos pour aller travailler au dehors. »

Afin d’avoir de plus amples lumières, il députa deux de ses disciples vers sainte Claire et vers le Frère Sylvestre, alors retiré sur les hauteurs du mont Soubase, pour les prier de consulter le Seigneur à ce sujet. Quand les deux religieux, Philippe et Masséo, furent de retour, François les reçut comme des ambassadeurs de Dieu : il leur lava les pieds, les embrassa et leur servit lui-même à manger. Puis, les menant dans un bois voisin, il se mit à genoux devant eux, la tête nue, les bras croisés sur la poitrine, il leur dit : < Mes frères, apprenez-moi ce que mon Seigneur Jésus-Christ me ‘commande de faire. — Père, dit Masséo, voici la réponse de Sylvestre et de Claire; c'est la réponse du Ciel. Va et prêche, dit le Seigneur; car ce n’est pas seulement pour ton salut qu’il

t'a appelé, c'est aussi pour le salut de tes frères, et pour eux il mettra ses paroles dans ta bouche. » A ces mots, François, saisi de l'esprit de Dieu, se lève en s’écriant : « Allons au nom du Seigneur. » Et plein d’un saint enthousiasme, il part sur-le-champ avec deux de ses disciples, Masséo de Marignan et Ange de Rüiéti, pour prêcher Dieu à toute créature (1).

: La première journée nous le représente errant à l'aventure le long des chemins poudreux de la plaine d'Assise et méditant sur les moyens de réveiller les consciences endormies. Mais voici qu'en approchant de la petite ville de Bevagna, il aperçut une multitude d'oiseaux qui voltigeaient d'arbre en arbre, au bord de la route. Cette vue le remplit d’admiration. « Attendezmoi ici, dit-il à ses deux compagnons de voyage; il faut que j'aille prêcher mes frèresles oiseaux. » A sa voix, tous les oiseaux se réunirent autour de lui, et il leur parla en ces termes : « Chers oiseaux, mes petits frères, le Créateur vous a comblés de bienfaits, et vous devez l’en bénir à toute heure et en tout lieu. C’est lui qui vous a revêtus de votre beau plumage et vous a donné

des ailes avec la liberté de voler où il vous plaît; .

c'est lui qui a conservé votre race dans l’arche de Noé, et qui vous a assigné pour séjour les régions sereines de l'air. Il vous nourrit sans que vous ayez besoin de semer ni de moissonner; il vous a donné l'eau des rivières et des

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