MARC DE LISBONNE, Chronique
Ces grottes sévères sont encore tout embau-
mées du parfum de sa présence et de ses
prières; et, depuis six siècles, les pèlerins y montent sans interruption pour vénérer son oratoire, sa cellule, la pierre qui lui servait de lit, ke parts dont l'eau jaillit à sa prière des entrailles du rocher, le chêne séculaire sur lequel les oiseaux venaient se percher pendant qu'il les haranguaiït, l'abîime que se creusa le démon lorsque, chassé par le Saint, 11 rentra dans le séjour du pleur éternel, les cavernes illustrées par des pénitents dont la plupart sont connus de nos lecteurs, Sylvestre, Bernard de Quintavalle, Masséo, Gilles, Rufin, André de Spello, saint Bernardm de Sienne, l'apôtre du saint Nom de Jésus, saint Jacques de la Marche, le marteau des musulmans, et le bienheureux Antoine de Stroncone.
En l'année 1216, François ne séjourna pas longtemps dans les cavernes de l’Apennin. Il descendit bientôt à la Portioncule, où le poussaient comme malgré lui une main invisible et le désir chaque jour plus ardent de recueillir une plus ample moisson de grâces pour les pécheurs. Sa confiance était sams bornes: car il avait appris de fa Rene des Anges elle-même qu'elle se plarsait à répandre ses dons dans ce sanctuaire (1). Îl était loin pourtant de se douter des merweilles que Dieu lui préparait. Nous allons raconter ces merveilles, en prenant pour