TH. DE CELANO, Vita prima, p. 1, c. XXII
Matthieu Rossi, de la famille patricienne des Orsini. Matthieu était un de ces hommes comme on en trouve dans tous les siècles, qui savent garder au mieu des splendeurs et des séductions du monde un cœur détaché de tout. Aux pratiques de la piété, il joignatt l'habitude des œuvres de miséricorde, et sa porte était toujours ouverte aux indigents. Dès la première rencontre, 1l s'établit entre ces deux personnages une de ces affections qui, nées de l’harmonie des goûts et des mystérieuses affinités de l'âme, ne font que croître avec le temps. Un fait que nous raconterons dans toute sa simplicité nous montre toute l'estime, toute la vénération que le prince avait pour le Pénitent d'Assise. I avait mvité le Saïnt à diner chez bu, en lui indiquant l'heure précise du repas; mais étant arrivé un peu e2 retard, il ne trouva plus François à la maison. Il le fit chercher partout, déclarant qu'il ne se mettrart pas à table que le : serviteur de Dieu ne fût présent. Déjà ïl étart inquiet, lorsqu'il l'aperçut parmi la foule de ses pauvres familiers. Touché de cet acte d’hummilité, il descendit en toute hâte et vint se placer aux côtés du Bienheureux, en lui disant : « Je viens m'asseoir à votretable, puisque vousn'avez pas voulu vous asseoir à la mienne. » Et le prince et le Saint, humblement assis par terre, prirent leur repas ensemble dans la compagnie des pauvres (1).