‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 17 sur 260 · NAISSANCE ET JEUNESSE DE SAINT FRANÇOIS · texte numérisé non relu

NAISSANCE ET JEUNESSE DE SAINT FRANÇOIS

Au centre de l’'Ombrie, sur un des premiers contreforts de l’Apennin, dans un site pittoresque, s'élève une cité antique, encore toute crénelée, que le Dante a chantée dans son poème du Paradis. Suspendue au flanc du mont Soubase, elle plane sur des paysages d’une beauté incomparable. A ses pieds, une vallée grandiose et riante, des bouquets d’oliviers, des vignes grimpées dans les ormeaux, des champs ensoleillés à travers lesquels coulent le Chiagio et le Topino; une richesse de végétation qui surprend et réjouit, au sortir du désert de la campagne romaine. En face, Montefalco et ses sombres collines fermant l'horizon du côté du Tibre. A droite et à gauche, la chaîne bleuâtre des Apennins, d’un azur si doux que le regard ne peut s’en rassasier. La petite ville aérienne du mont Soubase domine ce paradis terrestre, dont les deux entrées sont gardées, au nord par Pérouse, au midi par Spolète. C'est d'elle que le poète florentin a dit : « Que ceux qui veulent parler de ce lieu ne l’appellent point Assise; ce nom dirait trop peu. Mais qu'ils l'appellent

Oriertt, s'ils veulent employer le mot propre(r).»

Orient, c'est-à-dire lumière et soleil des peuples. L'image est hardie; elle n’est pas disproportionnée, depuis qu'Assise a donné le jour au séraphique Patriarche dont nous écrivons la vie, et qu'elle est devenue le point de départ d'un mouvement de renaissance chrétienne sans égal dans l'histoire.

C'est en 1182 (le 26 septembre, d’après les traditions locales}, sous le pontificat de Eucius HI, que naquit le petit enfant qui devait donner, dans la suite, tant de lustre à son pays natal.

Son père, Prerre Moriconi, plus connu sous le nom de Pierre Bernardone, était un riche marchand probablement origmaire de Lucques, récemment établi à Assise et faisant un grand commerce avec la France, où 1ïl allait vendre ces tissus, tafletas, brocarts et velours pour lesquels les artisans de Sienre et de Florence étaient alors sans rivaux. Sa mère, Pica, méritait par sa piété de devenir la mère d’un saint. Elle n'eut que deux enfants, François et Ange. Ce dernier fit souche à Assise, où les Moriconi subsistaient encore, d'après Wadding, dans Ia première moitié du xvr° stècle. Le ciel, qui avaït d’autres vues sur laïné, se plut à entourer de prodiges extraordinaires et de présages célestes le berceau de cet enfant prédestmé.

On montre à Assise, à quelques pas de lancrenne habitation des Moriconi, un oratoire

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