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Elles ne dirent plus un seul petit mot, et ne remuèrent pas même les ailes. Saint Bonaventure, à qui nous empruntons tous ces détails intéressants, ajoute que, de son temps, un jeune étudiant de Parme, troublé dans son travail par le gazouillement d’une hirondelle, dit à ses condisciples : «. Voilà sans doute une de ces babillardes qui troublaient le bienheureux François dans sa prédication et auxquelles il imposa silence! » Et, se tournant vers l’hirondelle, il lui dit : < Au nom de saint François, je t'ordonne de garder le silence et de venir à moi. » Elle se tut et vint à lui. L'écolier fut tellement surpris de ce prodige, qu'il demeura immobile et ne songea pas à la retenir. L'oiseau s'envola et ne l’importuna plus (1).
Au couvent de Notre-Dame des Anges, une cigale vint à chanter sur un figuier, tout près de la cellule de François. Il l’appela; elle accourut aussitôt se placer sur sa main. « Ma sœur la cigale, lui dit-il, chante et loue le Seigneur. » Sur-le-champ, elle se mit à chanter, et elle ne s'arrêta que sur l'ordre du Bienheureux. Elle demeura ainsi pendant huit jours, allant et venant de son figuier à François. Au bout de ce temps, il dit à ses compagnons : « H ya assez longtemps que notre petite sœur la cigale nous invite à louer Dieu, donnons-lui son
1. BONAV., c. x11. — A Parme et non à Paris. — Voir à la Bibliothèque nationale les manuscrits 1305; 430 et 14.586; à la Bibliothèque Mazarine, 1351; à la Bibliothèque de Versailles, 154.
congé. » Au même moment, elle se retira, et ne reparut plus (1).
Plus tard, sur le mont Alverne, un faucon dont l’aire était voisine de la grotte du Saint, s’attacha singulièrement à sa personne et s'établit, pour ainsi dire, son veilleur de nuit. Quand venait l'heure des matines, il ne manquait pas de chanter à la porte de François et de l’éveiller longtemps avant l’aube. Les infirmités du Saint étaient-elles plus grandes? L'intelligent oiseau tardait jusqu'au lever du soleil, et encore ne chantait-il qu'à mi-voix (2).
Dans les dernières années de François, pendant qu'il était à Sienne, un chevalier lui envoya un beau faisan. Dès que la charmante bête eut vu le serviteur de Dieu et entendu sa voix, elle le prit en telle affection qu'elle ne voulut plus se séparer de lui. Plusieurs fois on la porta dans les vignes pour lui rendre sa hberté; elle revenait d'un vol rapide vers le séraphique Père. On la donna à un seigneur qui aimait beaucoup saint François et venait souvent le visiter; elle refusa toute nourriture. Rapportée au Bienheureux, elle manifesta sa joie par mille gentillesses et se mit à manger avec appétit (3).
Les bêtes fauves elles-mêmes se sentaient attirées vers l’humble Pénitent d'Assise; elles