La Magie et l’Astrologie, 4° éd., p
qui n'en soient informés. Mais nous avons jugé qu'il convenait de vous instruire tous, plus particulièrement, de la merveilleuse et singulière faveur dont il a été honoré par Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui est la gloire et la splendeur des saints. Par un effet de la puissance créatrice de Dieu, il a reçu pendant sa vie les stigmates aux mains, aux pieds et au côté; et l’on a pu en constater l'existence après sa mort. La connaissance certaine que nous et nos frères les cardinaux en avons eue, aussi bien que de ses autres miracles, dûment certifiés par des témoins très dignes de foi, a été le principal motif qui nous a porté à l’inscrire au catalogue des saints, de l'avis de nos frères les cardinaux et de tous les prélats qui étaient alors réunis autour de nous. Comme donc nous souhaitons vivement que cela soit cru de tous les fidèles, nous vous prions, vous conjurons, et au besoin vous enjoignons de fermer l'oreille à tout ce qu'on pourrait dire de contraire, et d’avoir pour ce saint Confesseur une vénération et une dévotion qui vous le rendent propice auprès de Dieu, afin que, grâce à ses mérites et à son intercession, le Seigneur vous accorde de prospérer en ce monde et d'être éternellement heureux en l’autre. Donné à Viterbe, le deuxième jour d'avril, l'an onzième de notre pontificat. »
En l’année 1255, le pape Alexandre IV adressa aux Frères Mineurs une autre bulle qui n'est pas moins précieuse que la précédente. Dans
SUR L’'ALVERNE 395
cette lettre, il déclare qu'il prend sous sa protection spéciale « l’Alverne, cette montagne visitée par les séraphins, théâtre d'une immolation mystique, nouveau Calvaire où l’étendard du salut, déployé par la main des anges, a récemment brillé sur l'Occident, comme il rayonna jadis sur les plages orientales ». Il recommande instamment aux Frères de n'en jamais abandonner les cimes sacrées et d’entretenir à perpétuité le monastère fondé par leur bienheureux Père (1).
Cinq ans après, le 20 août 1260, l’Alverne était témoin d'une cérémonie imposante et tressailait d’allégresse. Saint Bonaventure, alors général. de l'Ordre, y campait avec plus de mille Frères Mineurs, et une foule de pèlerins couronnaient les hauteurs de la montagne. En ce jour-là, les évêques d’Arezzo, de Florence, de Fiesole, de Pérouse, d'Assise, d'Urbino et de Città di Castello consacrèrent, sous le titre de Notre-Dame des Anges, l'église édifiée en 1215 par le comte Orlando, et où reposent aujourd’hui les cendres de cet ami de saint François; puis, faisant processionnellement le tour de la montagne, ils la bénirent sous le nom de « montagne séraphique ».
Benoît XI ordonna que la fête des stigmates de saint François fût célébrée chaque année, le 17 septembre, dans toutes les maisons de l'Ordre; et Paul V étendit cette fête à tout