‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 241 sur 260 · TH. DE CELANO, Vita prima, p. III, c · texte numérisé non relu

TH. DE CELANO, Vita prima, p. III, c

3. Saint François et les Franciscains, par le P. PAm- PHILE DE MAGLIANO, t. I, C. XVII.

portes et comment elle fut obligée, en ce jour-là, de dilater son enceinte, trop étroite pour contenir les flots de peuple, de prélats et de gentilshommes que l'annonce de cette fête avait attirés de tous les points de l'Italie (1).

Le lendemain dimanche, 16 juillet, l'Eglise Saint-Georges, où reposait le corps béni, était richement décorée pour la circonstance, et Grégoire IX s’y rendait en grande pompe.

Autour de lui se pressaient les cardinaux, les évêques, les abbés mitrés, les prêtres, les fils et aussi les filles du saint Patriarche. Après une fervente prière, le Pontife monta sur le trône qui lui avait été préparé, voulut publier lui-même les louanges de celui dont il avait été si longtemps le protecteur et l’ami, et prit pour texte de son allocution ces paroles du Sage : « Il a brillé dans le temple de Dieu, comme le soleil brille en son midi. » Le cardinal Octavien, cousin d’Innocent III, lut ensuite, à haute voix, la relation des miracles juridiquement constatés. Cette lecture donna lieu à une scène des plus émouvantes, et peut-être sans exemple dans l'histoire. La plupart des personnes sur qui s'étaient opérés ces prodiges étaient présentes dans l'auditoire; elles auraient pu répondre, n'eût été la sainteté du lieu: « C’est vrai !.. C'est à moi que cela est arrivé ! » Elles gardaient le silence, mais ce silence éloquent où le visage rayonnant d'’allégresse traduit les

1. TH. DE CELANO, Vita prima, De canoniz. — Cf. Tres socii, C. XVII.

sentiments qui emplissent le cœur. Toute l'assemblée partageait leur enthousiasme, et chaque fois qu'un nouveau nom était prononcé, c'était un nouveau frémissement d’admiration.

Un second orateur, le cardinal Rainerio Capoccio, jadis intimement lié avec les saints Patriarches Dominique et François, raconta à son tour ce qu'il savait sur la vie de ce dernier. L'assistance était frémissante d'émotion. Enfin, le Souverain Pontife, les mains et les yeux au ciel, en face de la foule haletante et recueillie, prononça ces solennelles paroles :

« À la gloire de Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, de la bienheureuse vierge Marie et des saints apôtres Pierre et Paul, et à l'honneur de l'Eglise romaine. — Nous avons résolu, de l’avis de nos Frères les Cardinaux et autres prélats, d'inscrire au catalogue des saints le bienheureux Père François, que Dieu a glorifié dans le ciel et que nous vénérons sur la terre. Sa fête sera célébrée le 4 octobre (1). »

Alors, ilentonna le chant du triomphe, le Te Deum, que continuèrent les cardinaux et les Frères Mineurs. Le peuple y répondit par d’immenses acclamations, et les joyeuses volées de cloches annoncèrent au loin la promulgation du décret de canonisation. Grégoire IX, descendant ensuite de son trône, alla se prosterner devant la châsse du nouveau Saint, y colla ses lèvres, y déposa son offrande; selon l'usage, puis

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