‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 240 sur 260 · BonAv., De mirac · texte numérisé non relu

BonAv., De mirac

le lendemain le cardinal Hugolin était élu Pape par acclamation, et prenait le nom de Grégoire IX. Ainsi l'Ordre naissant perdait un protecteur, pour en retrouver un autre encore plus intimement lié à la famille franciscaine. C'est à Grégoire IX que la Providence réservait, comme une consolation dans sa vieillesse et une force dans ses épreuves, l'honneur et la joie de proclamer l’héroïsme des vertus du séraphique Patriarche. Les commencements de son pontificat furent orageux. En 1228, dans le temps des fêtes pascales, une sédition fomentée par les émissaires de l’empereur d'Allemagne, et soutenue par cette fraction de l'aristocratie romaine qui jalouse toujours la puissance des papes, contraignit l’auguste vieillard à prendre le chemin de l'exil. Il chercha un refuge au milieu des populations fidèles de l’Ombrie, d’abord à Riéti, puis à Spolète, d’où il se rendit à Assise pour visiter le monastère des Pauvres- Dames de Saint-Damien, et peut-être plus encore pour recommander à leur saint fondateur la barque de Pierre si violemment agitée. Sur les instances des habitants, qui d’une voix unanime le pressaient d'inscrire au catalogue des saints celui qu'ils appelaient « l’Ange d'Assise, l’apôtre de l'Italie, le grand thaumaturge de son siècle », il ordonna de commencer immédiatement les procédures d'usage. Avant de partir pour Pérouse, où l'appelaient ses démèélés avec Frédéric II, il chargea les évêques d'Ombrie de faire dans leurs diocèses respectifs

l'enquête juridique sur la doctrine et sur les actes de François, et nomma une commission spéciale, composée des cardinaux les moins favorables à la cause (1), pour examiner toutes les pièces du procès.

On abrégea les délais ordinaires des béatifications, et cette mesure ne surprendra personne : toute la chrétienté retentissait du bruit des miracles de notre Bienheureux, et les témoins vivaient encore ! Le Vicaire de Jésus-Christ, agissant avec cette maturité que l'Eglise apporte dans toutes les questions de foi et de discipline, examina lui-même en plein consistoire la validité de la procédure, approuva les rapports, et, usant de la plénitude de son pouvoir, fixa au dimanche 16 juillet 1228 la solennité de la canonisation. Il tressaillait de joie, en voyant l'Eglise renouvelée et consolée par des vertus et des miracles qui rappelaient les premiers temps du christianisme (2).

Le 15 juillet, il quitta Pérouse escorté de toute sa cour, et fit une entrée triomphale dans la patrie du Saint, où l’attendait l'évêque diocésain et Jean Parenti, récemment élu Ministre général au Chapitre d'Assise (1227) et successeur immédiat du séraphique Patriarche (3). Thomas de Célano se plaît à nous redire avec quels transports de joie la vieille cité lui ouvrit ses

Page 1