‹ Saint François d'Assise. Huitième éditionChapitre 29 sur 260 · Tres socii, c · texte numérisé non relu

Tres socii, c

maines de leur détention, dans une profonde tristesse et un irrémédiable abattement. Seul, François ne perdit rien de son égalité d'âme et de sa franche gaieté. Il essaya même de relever, par ces bons mots qui lui étaient familiers, le courage de ses compagnons d'infortune; mais sa tentative n'eut pas de succès auprès de ces cœurs aigris par la défaite et irrités par les souffrances d’une détention dont ils n'entrevoyaient pas la fin. Ils s'offensèrent d’un entrain qui contrastait si vivement avec les angoisses de leur position, et leur mécontentement s'exhala un jour en reproches amers. « Je vous plains, mes amis, répliqua François; pour moi, je suis loin de partager votre désespoir. Aujourd'hui, vous me voyez chargé de chaînes; un jour, vous me verrez honoré par tout l’univers (1). » Quand il parlait de la sorte, ce n’était point chez lui fol orgueil ou vaine ostentation; il ne faisait que rappeler à leur souvenir la prédiction de ce vieillard d'Assise dont nous avons parlé précédemment.

Il est probable que les jeunes chevaliers goùtèrent assez peu ce genre de consolation. Quoi qu'il en soit, François ne cessa de leur donner des preuves de l'esprit de charité qui l’animait, surtout dans une circonstance que ses premiers historiens n'ont pas manqué de relater. L'un des prisonniers, d’un caractère violent et emporté, ayant injurié ses camarades, tous le

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