CRISTOFANI, Histoire d'Assise, liv. II, p
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de Milan, la victoire de Legnano (1176) et la paix de Constance avaient assuré la prépondérance aux Guelfes, mais sans terminer la querelle; des deux nationalités, malgré leurs accords partiels, restaient toujours en présence avec leurs antipathies originelles, leurs intérêts opposés et leurs implacables vengeances.
Toutes les cités de la Toscane et de l'Ombrie, érigées en autant de républiques sous la suzeraneté du pontife romain, avaient pris parti dans la querelle. Assise s'était rangée du côté des Guelfes. Enlevée au Saint-Siège en 1160 par Frédéric Barberousse, elle ne supportait qu'en frémissant le joug de l'usurpateur. En 1177, sous les yeux de Conrad Lützen, grand feudataire d'Allemagne, duc de Spolète et comte d'Assise, elle institua des consuls chargés de défendre ses mtérêts. En 1198, à l’avènement d'Innocent III, elle alla plus loin : elle pnt les armes, et ses milices assiégèrent, em-
* portèrent d'assaut et rasèrent sur-le-champ la redoutable citadelle du haut de laquelle l’étran-
ger avait imposé sa tyrannique domination.
Enfammée par ce premier succès, elle releva ses remparts, convia tous les grands vassaux de l'empire à faire la paix avec elle, et les menaça, s'ils s’y refusaient, de démolir leurs chàteaux forts. L'exécution de cette menace amena la guerre dont nous ignorions l'origine. Une dizame de barons, de ceux qui, par esprit de caste, faisaient fi des sommations de la commune, se voyant chassés de leurs terres et à la
veille d'une ruine inévitable, prirent un parti désespéré : ils se jetèrent dans les bras de Pérouse, la rivale séculaire d'Assise. Il n’y eut qu'une voix dans Assise pour blâmer leur déloyauté, leur félonie, et proclamer qu’il en fallait tirer une éclatante vengeance (1).
Si François avait été un ambitieux, il aurait épousé la cause des grands feudataires, assurés de vaincre avec le concours de Pérouse; mais il n'écouta que le cri du droit méconnu et de la justice outragée, et se rangea sous la bannière communale.
L'an 1201, les milices d'Assise, plus braves que prudentes, sortirent de la ville, et se portèrent, enseignes déployées, au-devant de l’en- ‘nemi. La mêlée fut terrible; mais, finalement, le sort des armes fut contraire aux défenseurs de la commune d'Assise. Plusieurs d'entre eux périrent sur le champ de bataille; d’autres furent faits prisonniers et emmenés à Pérouse. Au nombre de ces derniers, il faut compter le fils de Pierre Bernardone, « qu’on enferma parmi les chevaliers, parce que, remarquent ses biographes, il avait les mœurs et l'allure de la noblesse (2) ». La captivité fut longue : elle dura toute une année !
Rien n'est douloureux, à cet âge, comme la privation de la liberté; rien n’est froid comme les murs d’un cachot. Aussi les jeunes seigneurs tombèérent-ils, dès les premières se-