TH. DE CELANO, Vita prima, p. I, c. 1r
de plaisir et luien étaient venus à ce point d’aberration de céder à la fascination des créatures et de se laisser prendre à cemirage trompeur (1)».
Cette impression ne s'évanouit pas, comme il arrive trop souvent, avec le retour à la santé. Elle porta ses fruits dans l’âme du fils de Pierre Bernardone. Il entra dès lors davantage, en effet, dans le sérieux de la vie, se tint plus près du cœur de Dieuet se pencha avec plus de tendresse vers la misère des pauvres, devenus ses amis privilégiés. Ayant rencontré, à quelque temps de là, un homme de guerre, noble, mais sans fortune et misérablement vêtu, il vit et il aima en lui la pauvreté du Christ, et, avec cet élan spontané qui le caractérise, il se dépouilla de ses riches habits pour l'en revêtir à l'instant (2).
« Il avait imité la charité de saint Martin jetant la moitié de son manteau sur les épaules nues du pauvre d'Amiens; il mérita comme lui d'être récompenséd'un acte également méritoire par un songe prophétique (3). >» — « La nuit suivante (4) », il se trouva tout à coup transporté dans un magnifique palais, rempli d'armes marquées du signe de la croix. « Pour qui ces armes et ce palais ? » demanda-t-il tout hors de lui. Une voix lui répondit aussitôt : « Pour toi et tes soldats (5) ! » Dès la pointe du jour, il se leva,