Tres socii, c. 1V; et BONAV., c
qui tant de provisions ? — Mère, répondit-il avec un sourire angélique, c’est pour les pauvres de Dieu; car je les porte tous dans mon cœur! » Et Pica, heureuse et attendrie, attachait sur son fils des regards pleins de complaisance (1).
Cependant, toutes ces bonnes œuvres, si excellentes qu'elles fussent, ne réalisaient pas encore l'idéal qu'il s'était fait de la perfection chrétienne, et n'’apaisaient pas sa soif de dévouement. Il était résolu, affirment ses biographes, à se vaincre lui-même et à s'essayer, dans une ville « où le nom de sa famille serait inconnu (2) », à la vie de dénuement et de privations qu'il rêvait. Mais où et comment?.… Réflexion faite, Rome lui parut le théâtre le plus propice à ses desseins. Il annonça donc à sa famille, qui n’en manifesta aucun étonnement, son projet de faire un pèlerinage au tombeau des Apôtres, et se mit en route. Arrivé dans la Ville éternelle, il courut immédiatement se prosterner sur le pavé de Saint-Pierre et y pria longtemps. S’étant relevé, il remarqua avec peine combien étaient chétives les offrandes des pèlerins pour l’achèvement de ce majestueux édifice. « Eh quoi! s’écria-t-il, la dévotion s’est-elle donc refroidie à ce point? Comment les hommes ne s'offrent-ils pas eux-mêmes, dans un sanctuaire où reposent les cendres du Prince des Apôtres ? D'où vient qu'ils n’ornent pas avec toute la magnificence possible cette